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La machine à plaisirs de Nozick (Cinéma, philosophie, et science-fiction; bonheur et vérité)

Une expérience de pensée pour réfléchir à la question de la vie idéale… Puis à la question de savoir si le bonheur est soluble dans le plaisir…

Pour aller plus loin : retrouvons cette expérience avec Daenerys dans Game Of Thrones (S2Ep10), à travers le voyage sur Mars dans Total Recall, et dans la scène de la pilule dans le film Matrix !

Robert Nozick-bonheur et plaisir


Il y a longtemps que je t’aime ou comment affronter la maladie, mais aussi qu’est-ce que l’identité personnelle?

Film de Philippe Claudel, sorti en 2008. Avec Kristin Scott Thomas et Elsa Zylbersein.

Ce film raconte l’histoire d’une femme, Juliette, qui réapparaît dans la vie de sa soeur, Léa, qu’elle n’a pas vue depuis 15 ans. Et pour cause : elle était en prison, coupable du meurtre de son petit garçon de 6 ans, Pierre. Logée chez Léa, elle reprend peu à peu goût à la vie.

Ce film permet de réfléchir à de multiples reprises au problème de l’identité personnelle. Peut-on changer ? Aux yeux des autres, il semble que non, puisque les patrons qui étudient son dossier un éventuel emploi, surtout un, lui disent de prendre la porte. A propos de cette notion de changement,  il y a un passage intéressant vers les 45 mn. Puis vers les 48 mn, quand un professeur de fac qui dit avoir changé d’attitude dans le monde du travail, et qu’elle lui demande comment ou pourquoi avez-vous changé, ce dernier répond : « c’est la vie qui vous change » (bien entendu on apprendra dans la suite du film ce qui s’est passé).   

A propos du thème de la maladie, le film permet de s’interroger sur l’euthanasie. Est-ce un meurtre de « tuer » l’être cher qui est malade, avant qu’il ne souffre trop ? Cette question est posée ici avec beaucoup de compassion, Kirstin est sublime dans cette mère qui finit par dire que la vraie prison c’est la mort de son fils !


Camille redouble ou qu’est-ce que le temps ?

Film de Noémie Lvovsky (2012).

L’histoire : une mère de famille quadragénaire est en pleine perdition : elle est en plein divorce, son métier d’actrice ne la satisfait pas, et elle se noie dans l’alcool. Le soir du réveillon, elle est invitée à une soirée qui rassemble tous les anciens du lycée. Sur son chemin, elle passe chez le bijoutier, qui lui remet sa montre à l’heure et lui scie la bague offerte il y a bien longtemps par son mari… Et la voilà partie pour un long voyage dans le temps : elle va se réveiller 20 ans en arrière, en 1985, mais avec l’apparence physique et l’état psychologique d’aujourd’hui.

Ce film a d’abord l’avantage, d’un point de vue philosophique, de nous interroger sur notre conception du temps.

Notre conception du temps et de l’espace est très limitée en effet ! Nous nous représentons le temps de façon linéaire, du pass& au futur en passant par le présent, et nous situons chaque événement sur cette ligne. Or, un événement n’est qu’une des multiples possibilités qui auraient pu avoir lieu…

Question philosophique majeure du film : à supposer que l’on ait la possibilité de retourner dans le passé, pourrait-on modifier ce passé et par là, notre avenir  ? Cette question se pose ici concrètement : 

– sachant que x m’a rendu malheureux, puis-je éviter de commettre une nouvelle fois la même erreur, celle de tomber amoureux de cette personne ?  

– sachant que ma mère va mourir de telle maladie, tel jour, puis-je y changer quoi que ce soit ?

La réponse de la réalisatrice est négative. Mais la fin du film montre qu’il HowCoster ne faut pas se lamenter de cela, mais s’en réjouir. Notre quinquagénaire sourira à Eric et a eu le temps de dire « je t’aime » à sa mère, ce qu’elle ne lui avait jamais dit. Cela me fait penser à la théorie de Nieztsche : l’éternel retour. Il faut dire oui à tout ce qui arrive, et vouloir que cela arrive de nouveau, sans regret….