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Accueil > Cours >Méditations Métaphysiques de Descartes
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Etude d'une oeuvre : Méditations Métaphysiques (1 et 2) de Descartes

page créée le 23/06/1998

 

 

Résumé: ce cours était à l'origine, une introduction au cours sur la conscience (où il s'agissait essentiellement de se demander si la conscience est une entité réelle ou une fonction et si elle est une source de vérité). Il me permettait d'insérer dans un cours l'étude d'une œuvre. Étant donné la longueur des Méditations, j'avais choisi de n'étudier que les deux premières. J'ai quelque peu remanié ce cours, afin de l'extraire du cours sur la conscience. Vous trouverez ainsi pour l'essentiel, les mêmes choses que dans la première partie du cours sur la conscience.

liens associés

- Cours conscience

- Cours introduction à l'idéalisme (Descartes et Matrix)

- Résumé de la première méditation (fiche)

 

 

Introduction : l'oeuvre et le projet cartésiens

A- L'oeuvre

1) Qui est Descartes ?

2) Bibliographie

B- Projet général

C- Projet des Méditations : explication du titre

Première Méditation

I- But et méthode pour parvenir à ce but : la recherche de la vérité; le doute hyperbolique (§§ 1 et 2)

II- Application de ce doute hyperbolique

1) l'argument des sens

2) l'argument du rêve et de la folie

3) l'argument du dieu trompeur et du malin génie

Seconde Méditation

I- Le cogito : suis-je, moi qui doute ?

II- La substance pensante, ou le dualisme cartésien : que suis-je moi qui suis certain d'exister ?

A- Je suis une "chose qui pense"

B-Le morceau de cire : la matière comme étendue; la chose qui pense comme fondement de toute connaissance...

C-Nature de la conscience chez Descartes : la rupture avec la conception antique/ vitaliste de l'âme

1) L'identité conscience et esprit : le dualisme

2) La certitude des actes de conscience

3) La conscience réifiée

Résumé des Méditations 3 et 6 : comment Descartes échappe-t-il au risque du solipsisme ?

 

 

 


Première méditation

I- Projet et méthode pour y parvenir : §1et 2

      A- Le projet des Méditations : §1

NB : les chiffres figurant entre () sont les étapes de l'argumentation de Descartes.

(1) je veux découvrir ce qui est certain, et s’il y a quelque chose de certain.

 

1) le problème de Descartes : le fondement des connaissances

Descartes s’est proposé de s’assurer de la validité de toutes les connaissances qu’il a acquises. Il trouve en effet que l’école transmet des connaissances, certes, mais sur un mode dogmatique. Ainsi, il se propose d’examiner à quel titre cette connaissance en est une. Il s’agit de trouver un fondement de la connaissance autre que celui de l'autorité des professeurs (il s’oppose donc à toute autorité ).

cf. fait qu'à l'époque, l’autorité, c’était les textes d’Aristote, de St Thomas : quand on voulait savoir quelque chose, on consultait ce qu'ils avaient dit à son propos; c’est à ça que s’oppose Descartes

 

2) Le statut du Je : qui parle?

a) Si Descartes parle à la première personne, le "je" qu'il emploie est pourtant un "je universel", impersonnel, dans lequel tout le monde peut se reconnaître :

- sa position n'est pas celle d'un savant accompli, qui aurait déjà découvert la doctrine philosophique qui va plus tard être soutenue

- au contraire, il feint de se trouver à un stade qu'il a depuis longtemps dépassé : celui d'un homme sans éducation philosophique, qui se laisse guider par ses opinions

Comme il le dit dans Entretien avec Burman, AT V, 146 : il met en scène un esprit "attaché aux sens, comme nous le sommes tous avant de philosopher"

Bref : il s'agit de se placer du point de vue d'un homme qui commence à philosopher

b) Pourquoi se place-t-il de ce point de vue?

b1) Parce que même si les principes métaphysiques sont plus clairs que les principes géométriques, si on les avance trop brutalement, on risque de les voir rejetés comme inappropriés ou invraisemblables. Ainsi Descartes met-il en œuvre, ici, ce qu'il appelle la méthode analytique : méthode qui montre comment une chose a été découverte, plutôt que de soutenir une thèse sans raconter les étapes par lesquelles on y arrive (cf. Réponses aux secondes objections) ; ce procédé a le mérite de permettre au lecteur de refaire par lui-même le propre cheminement de Descartes.

b2) Et parce que son but est de conduire le novice, l'apprenti-philosophe, de la dépendance des sens vers la conscience du rôle essentiel que joue la raison dans l'acquisition des connaissances

 

3) le rapport à Socrate :

- Points communs :

a) retour sur soi de l’esprit voulant éprouver son propre pouvoir de connaître : attitude réflexive propre à la philosophie

b) remise en question des connaissances de façon critique

- Différence : Socrate interroge les autres pour prendre la mesure de son propre savoir; c’est au contraire dans la solitude que Descartes préfère entreprendre la révision générale de ses connaissances (cf. fait que le genre est la méditation; insister sur la retraite, nécessaire pour ce qui va suivre)

 

4) la distinction théorie et pratique :

cf. Discours de la méthode, Partie III (la morale par provision) et Partie IV, §1.

 

Exigence métaphysique : théorie, connaissance, vérité

exigence morale : pratique, mœurs, comportements, action

- on a tout le temps de la chercher

- on veut déterminer les raisons de croire

- on médite sur soi-même

- pas le temps de rechercher la certitude

- on accepte l’incertain (du moins, on décide de le tenir pour vrai)

- on se plie à l’attitude commune

Dans le domaine de l'action, on n'a pas le temps de s'arrêter sur les raisons de croire, de douter. La vie est urgente!

 

      B- La méthode : le doute hyperbolique (§2)

(2) A cette fin, je dois abandonner les croyances des choses qui ne sont pas entièrement certaines et indubitables aussi prudemment que celles qui sont entièrement fausses.

 

1) Pourquoi partir de rien?

Afin de n'admettre dans son système aucune proposition dont on n'ait préalablement montré qu'elle y trouve sa place, et de déterminer lesquelles, de ses anciennes opinions, valent ou non d'être réintégrées.

C'est le doute qui va permettre la discrimination entre elles; le doute est donc son critère pour le rejet des croyances.

 

2) Analogie avec le panier de pommes

Pour bien nous expliquer pourquoi il recourt à une telle méthode, Descartes emploie l'analogie "du panier de pommes" dans ses Réponse aux septièmes objections : il compare ici sa démarche avec celle d'une personne qui craindrait que, parmi les pommes qu'elle porterait dans son panier, certaines ne fussent pourries, et qui chercherait à les enlever pour protéger les autres; cette personne pourrait raisonnablement procéder en les examinant chacune tour à tour, ne remettant dans le panier que celles qui résistent à l'examen. De la même façon, il se propose de vider son esprit de toutes ses opinions, puis d'examiner chacune d'elles en s'efforçant d'identifier celles qui méritent d'être rétablies

(1-révocation; 2-examen)

 

3) c’est un doute hyperbolique

C'est un doute excessif, en ce qu’il rejette le douteux comme faux (hyperbole : procédé qui consiste à exagérer une expression pour produire une forte impression)

Dans la vie courante, le doute est tout autre : c'est une incertitude passagère que l'on dissipe en choisissant l'opinion la plus probable, ou en questionnant les autres ou les livres pour la dissiper; ici : c'est une expérience intellectuelle qui consiste à accroître constamment le doute en exigeant une certitude absolue, qui ne soit surtout pas fondée sur l'accord avec les autres

Mais Descartes ne doute pas pour douter : ce doute se justifie dans la fin qu’il vise : la découverte d’une certitude (le doute sans concession va permettre de trouver une vérité indubitable); c’est donc la méthode que se donne Descartes pour la recherche de la vérité.

 

4) Descartes avait-il besoin du doute, ie, des arguments sceptiques?

Pour lui, le doute apparaissait comme la seule façon de se débarrasser de ses vieux préjugés : la décision de douter ne peut se maintenir sans les arguments sceptiques.

Exemple : il n'est pas difficile de décider d'arrêter de fumer; mais, en prendre la décision n'équivaut à arrêter de fumer que si par la suite on adhère à cette décision.

De même ici : au début, il est facile de décider de révoquer ses opinions; mais, sa résolution ne sera vraiment effective que quand il aura trouvé des raisons de douter de ses croyances.

C'est sa décision initiale qui commande donc le recours aux arguments sceptiques, au doute

 

(3) Pour cela, je n’ai pas besoin d’examiner toutes mes croyances individuellement, mais seulement les principes de base sur lesquels elles reposent.

Cette procédure est économique : Decartes va ainsi pouvoir rejeter tous les membres d'une classe donnée de jugements, s'il trouve des raisons de douter d'un principe qui leur est commun (sinon, le doute irait à l'infini)

La méthode de Descartes est donc la suivante : chaque fois, il considère un principe, le critique, en propose une version nouvelle issue de sa critique, puis scrute le principe révisé pour en discerner les faiblesses, etc.

 

 

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