| Etant
donné ce qu'est un texte philosophique (cf. " préparation
de la dissertation", introduction), ce qui va être essentiel,
c'est de dégager la manière dont l'auteur justifie
ce qu'il dit.
I-
QUE FAIT L'AUTEUR ?
A-
OBJECTIF
Il
faut chercher si l'auteur :
- établit
une thèse
- élucide
une notion
- réfute
une thèse (que ce soit celle d'un autre philosophe, ou bien
une opinion généralement admise)
- illustre
une thèse, etc.
Ce
sont bien là des opérations intellectuelles, qui mobilisent
notre intelligence.
Exemples
Voici
le début d'un texte de Hegel, philosophe Allemand du XIX
e :
"On
dit volontiers : mon vouloir a été déterminé
par ces mobiles, circonstances, excitations et impulsions, la formule
implique d'emblée que je me sois comporté de façon
passive. Mais en vérité mon comportement n'a pas été
seulement passif. "
Ce
texte commence donc par : "on dit" : il s'agit donc d'abord de souligner
une opinion généralement répandue. La deuxième
phrase, elle, commence par un "mais" : cela implique que cette opinion,
bien que pouvant comporter des éléments positifs,
est erronée.
L'objectif
de ce texte est donc d'amener le lecteur à réviser
son opinion, voire à y renoncer complètement.
Autre
exemple : voici le début d'un texte de Kant (philosophe allemand
du XVIIIe) :
"Fausse
est la théorie de ceux qui admettent un certain sens moral
particulier par lequel et non par la raison serait déterminée
la loi morale."
Ici,
il ne s'agit plus de partir de l'opinion commune qui comporte à
un certain point de vue une part de vérité mais de
rejeter une thèse ; la différence est importante,
car alors qu'une opinion composée d'un mélange inextricable
de préjugés, de croyances, d'expérience, de
vérité, la thèse ou la théorie est consciente
d'elle même, et présente pour sa justification un ensemble
d'arguments qu'il faudra donc réfuter.
Ce
genre de texte a donc pour objectif de réfuter une thèse
en montrant :
- qu'elle
repose sur de faux principes,
- qu'elle
se contredit elle-même,
- qu'elle
ne rend pas compte de certains faits
B-
STRUCTURE DU TEXTE
Il
s'agit ensuite de chercher comment l'auteur procède. C'est
à nous montrer cela que consiste le commentaire philosophique.
Pour ce faire, vous devez repérer l'armature logique du texte.
Exemple
: prenons ce texte de Kant dont l'objectif est de résoudre
une question :
"L'un
des plus grands problèmes de l'éducation est le suivant
: comment unir la soumission sous une contrainte légale avec
la faculté de se servir de sa liberté? Car
la contrainte est nécessaire ! Mais comment
puis-je cultiver la liberté sous la contrainte?Je
dois habituer mon élève à tolérer
une contrainte pesant sur sa liberté, et en même
temps je dois le conduire lui-même à faire
un bon usage de sa liberté. Il doit de bonne heure
sentir l'inéluctable résistance de la société,
afin d'apprendre qu'il est difficile de se suffire à soi-même;
qu'il est difficile de se priver et d'acquérir, pour être
indépendant."
Voici
la structure de ce texte :
1-
énoncé de la question ou du problème envisagé
2-
caractère apparemment insoluble de cette question
3-
premier essai de solution
4-
conséquences logiques ou pratiques du refus de la solution
proposée
5-
solution proposée
C-
VOCABULAIRE EMPLOYÉ
Vous
devez ensuite souligner les termes-clef ; dans votre commentaire
vous devez les expliquer, sinon, c'est de la paraphrase.
II-
QUE METTRE DANS UNE INTRODUCTION ?
Vous
rappelez brièvement le titre de l'œuvre dont est extrait
le texte (en le soulignant), ainsi que l nom de l'auteur ; si vous
le savez, dites de quel siècle il est issu, mais faites attention
: la moindre incertitude peut vous mener au désastre !
Il
faut savoir que vous n'êtes pas censé connaître
l'auteur, encore moins l'ouvrage.
Ce
qu'on attend de vous, c'est que vous soyez capable de lire un texte
philosophique. Pour ce faire :
- dites
quelle est la question (implicite ou explicite) que se pose l'auteur
- quelle
est la thèse (sa réponse à cette question,
sa position)
- quelle
est la thèse adverse
- quels
sont ses procédés d'argumentation (différentes
étapes, structure)
III-
LA CONCLUSION
Sa
fonction est triple :
1-
définir le principal intérêt du passage
2-
signaler les difficultés que laisse subsister l'analyse de
l'auteur
3-
répondre à la question posée en introduction,
ou bien indiquer brièvement les raisons pour lesquelles cela
est impossible
La
conclusion devra donc avoir la forme suivante :
"Le
principal intérêt de ce texte de X c'est qu'il a permis
de (…). Nous avons cependant remarqué le caractère
excessif des conclusions de l'auteur; il semble bien en effet que
(…). Donc (…)"
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