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Notre
époque a vu s’effondrer toutes ses certitudes. A l’enseignement
religieux, guide moral pendant plusieurs siècles, à
l’optimisme marxiste et ses promesses rédemptrices,
à la foi dans le progrès industriel qui affranchirait
l’homme de sa misère, notre temps a substitué
le doute. En cette « ère des soupçons »
toute idéologie en vaut une autre, aucune église ne
peut se prétendre supérieure à ses rivales,
et les différentes écoles dites des « sciences
humaines » débitent leurs travaux en un défilé
cacophonique de théories qui se contredisent les unes les
autres sans convaincre personne. Toute pensée philosophique
n’est plus qu’un courant intellectuel à la mode
qui, à peine a-t-elle fait son entrée sur l’agora,
que l’on attend déjà son successeur avec la
lassitude des vieux qui en ont vues d’autres (attention
au style : relis-toi). Si donc (lien
logique avec ce qui précède ? pourquoi parler de ça
comme si ça découlait de ce qui précède
? –en plus, tu n’en parleras plus par la suite…)
toute vérité de ce qui était autrefois l’indubitable
raison a sa genèse dans une irrationnelle volonté
de puissance ou dans un désir sexuel refoulé également
irrationnel, on peut comprendre la tentation de tourner le dos à
la philosophie et de lui préférer la connaissance
plus modeste des physiciens et des ingénieurs (pourquoi
cette critique de l’élaboration des connaissances ne
vaudrait-elle que de la philo ? –tu aurais pu exploiter cette
thèse par la suite, si tu avais dégagé un enjeu
: ainsi, tu aurais pu montrer que l’on peut critiquer toute
connaissance, en tant qu’elle est issue de quelque chose de
subjectif… Vraiment, ça fait mauvais effet d’aborder
une thèse, surtout si importante, dans l’intro, et
de ne pas y revenir). Déjà Locke et Hume s’en
prenaient à toute prétention métaphysique :
nous ne pouvons tenir un discours sensé et solide que sur
les choses empiriques. En conséquence tenons-nous en à
ce que nous pouvons connaître et taisons le reste (on
ne te suit pas : pourquoi parles-tu de métaphysique ? le
sujet porte sur la connaissance en général ! analyse
d’abord la formule/ l’énoncé du sujet
–ce que tu savais bien faire jusqu’alors !).
Toutefois la connaissance même des objet les plus ordinaires
résiste-t-elle à l’analyse critique ? (bonne
question ; enfin, tu en viens au sujet !) L’objet de
la connaissance, que ce soit la connaissance du common sense empiriste
ou celle plus sophistiquée de la science moderne, n’est
pas indépendant du sujet connaissant (mais
c’est une question, un problème, même : ici,
tu affirmes déjà ce qu’il aurait fallu questionner).
Au contraire nous soupçonnons avec Kant que « nous
ne connaissons des choses que ce que nous y mettons nous-mêmes
». (il fallait donc commencer
par là) Il convient alors de se poser trois questions
: en quoi la thèse de Locke sur la connaissance n’est-elle
pas tenable ? Si nous ne connaissons de la chose que ce qui vient
de nous-mêmes, que mettons-nous alors dans celle-ci pour en
faire l’objet d’une connaissance ? Finalement quant
est-il alors de l’objet de connaissance scientifique ? (questions
pertinentes ; mais attention, ça fait quand même trop
« histoire de la philo » ; en plus, on ne sait pas en
quoi consiste la thèse de Locke, et donc, pourquoi tu en
parles ! Est-ce parce que ce qu’il dit rejoint le sens commun
?)
Commentaire
général sur l'introduction :
- tu ne vas pas droit au but (cf. toute la moitié de ton
intro) ; on ne sait pas pourquoi, au bout du compte, tu parles de
métaphysique, avant d’en venir à la formule
que tu devais analyser; d’ailleurs, tu vois bien que le sujet
ne porte pas sur la métaphysique, puisque tu n’y reviens
pas dans ton devoir (tu aurais par contrer pu en parler en disant
que tout projet métaphysique croit qu’il est possible
de connaître le monde tel qu’il est)
- je te conseille donc d’être plus « modeste »
: c’est-à-dire, de commencer directement par l’analyse
du sujet
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