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Introduction
Etat : société
organisée, dotée d'un gouvernement, vivant selon des
lois.
Ici, problème de philo politique
(texte 1) : il s'agit de réfléchir sur les fondements
de la politique. Quel est le fondement/la source de l'Etat?
| "On me demandera
si je suis prince ou législateur pour écrire
sur la Politique? Je réponds que non, et que c'est
pour cela que j'écris sur la Politique. Si j'étais
prince ou législateur, je ne perdrais pas mon temps
à dire ce qu'il faut faire; je le ferais, ou je me
tairais". (Rousseau, Du contrat social, I, Préambule).
Texte 1. |
I- La cité
existe par nature :Aristote, Politique, Livre I, chapitre 2.
Aristote cherche ici quels sont les
fondements de la vie politique. Pourquoi vit-on politiquement? D'où
vient la cité?
Cf. texte n° 2 :
| "Il est manifeste,
à partir de cela, que la cité fait partie des
choses naturelles, et que l'homme est par nature un animal
politique, et que celui qui est hors cité, naturellement
bien sûr et non par le hasard (des circonstances), est
soit un être dégradé soit un être
surhumain" (Aristote, Les Politiques, I, 2, 1253a2sq)
Texte 2. |
Premier argument : La cité
est naturelle. En effet, ce dont elle vient, ce dont elle est composée,
est naturel (familles et villages).
la naturalité de la cité
chez Aristote.
Rappel : Nous avons vu que
chez Aristote, chaque être a une nature propre, ou une fonction
propre; l'esclave : par nature ne peut délibérer mais
peut travaller, etc. Par csqt, chacun a besoin de chacun pour accomplir
ses désirs naturels : chaque communauté se forme donc
parce que chacun a par nature des qualités particulières,
une certaine nature. Il y a complémentarité de ces
natures dans les associations de la famille et celle du village.
Au sommet, nous avons un autre de
genre de communauté, la cité. Nous avons vu que méthode
= génétique : donc, la cité est la totalité
dont les autres communautés sont les parties. Elle les englobe.
Si elle est naturelle, c'est donc au sens où elle
est constituée de parties naturelles.
Rappel : Mais la cité n'est-elle
naturelle qu'en ce sens? Sa différence spécifique
par rapport aux autres communautés n'est-elle que d'être
extensivement la plus englobante? Pour cela, il nous faut chercher
quelle est sa fonction (fonction=nature)
a) Lire texte
3 (Pol I, 1, i)
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"Puisque toute cité, nous le voyons,
est une certaine communauté, et que toute communauté
a été constituée en vue d'un certain
bien (car c'est en vue de ce qui leur semble un bien que tous
les hommes font ce qu'ils font), il est clair que toutes les
communautés visent un certain bien et que, avant tout,
c'est le bien suprême entre tous que vise celle qui
est la plus éminente de toutes et qui contient toutes
les autres. Or, c'est celle que l'on appelle la cité,
c'est--à-dire la communauté politique."
Aristote, Les politiques, I, 1, Texte 3. |
Elle vise, dit Aristote, le bien
suprême. Qu'est ce bien suprême?
syllogisme ("raisonnement
dans lequel, certaines choses étant posées, quelque
chose d'autre en résulte nécessairement, du seul fait
de ces données" -Premiers analytiques, I,
1) :
(1) toute cité est une communauté
(2) toute communauté est faite
en vue d'un bien, et la communauté suprême vise un
certain bien
(3) Or, la cité est la communauté
suprême, parce qu'elle contient toutes les autres communautés
(cf. fait que les autres communautés sont les parties dont
est composée la cité)
(4) Donc, la cité vise le bien
suprême.
Explication :
(1) communauté = suppose
une fin commune visée par ses membres regroupés; c'est
cette fin commune qui fait de cette pluralité des membres
une unité (sentiment d'appartenir à un "nous");
mais communauté est le genre, la cité, une espèce.
Diff spécifique = elle est politique; (Aristote montrera
dans le ivre III, qui traite de la cause formelle, de l'essence,
de la cité, que cette communauté suppose une constitution,
le droit, la justice =les choses en commun supposent d'être
régies par la justice? Mais ici il s'agit de la définir
par sa fonction ou fin)
(2) Toute communauté est
faite en vue d'un bien
-cf.principe : "c'est en vue
de ce qui leur semble un bien que les hommes font ce qu'ils font
". (Ethique à Nico, I,5); (Eth à
Nico, i,1 "tout art et toute investigation et pareillement
toute action et tout choix tendent vers quelque bien").
-"bien" : pas le
bien au sens moral (exemple : une association de malfaiteurs est
constituée en vue d'un certain bien, l'enrichissement de
leurs membres). On peut dire que "bien" est ici synonyme
de "fin". Il peut être apparent ou réel,
particulier ou général.
Mais pour Ar, toute action vise forcément
une fin, elle est finalisée. Faire quelque chose, c'est chercher
à obtenir quelque chose (un "bien")
-appliqué à communauté
: normal puisque visée commune; c'est donc un "regroupement
en vue de tel ou tel type de fin" (c'est compris dans la déf
même d'une communauté)
(3) communauté extensivement
la plus englobante
c'est la plus grande des communautés
(4) et qualitativement la plus
englobante car vise "Bien suprême".
Ici, différence spécifique
de la cité, communauté politique. Dans suprême,
il y a une connotation de bien ou de fin au delà de laquelle
il n'y en a plus d'autre : c'est donc le bien ou la fin la plus
haute possible; plus haute au sens de meilleure, de ce qui est préférable.
Synonyme : le "souverain bien". Chaque communauté
supérieure dans la hiérarchie vise un bien également
supérieur. Donc, cqfd.
Cf. Ethique à Nicomaque,
I, 5 : passage où il explique pourquoi il y a une hiérarchie
des biens dans les actions de l'homme, et quelle est la fin ultime,
dernière, de toutes ces actions. Question : parmi les divers
biens possibles, quel est le plus complet?
-départ : autant de types de
biens que de types d'activités; bien = fin. Parmi eux, recherche
de la fin finale. Trois catégories de fins qui sont hiérarchisées
en fonction du ritère selon lequel un moyen est moins élevé
que la fin :
-activité en vue d'autre chose
: moyen : faire un footing pour être en bonne santé
(bien relatif)
-fin en vue d'autre chose mais aussi
en vue d'elle-même : fin-moyen : être en bonne
santé (bien relatif)
-fin qui n'est que fin : il
parle de fins autosuffisantes : qui n'ont pas d'autre fin qu'elles-mêmes,
et qui n'ont pas d'autre fin au-dessus ou en dehors; fin qui est
voulue pour elle-même. C'est la fin qui n'est que fin et qui
est suprême, c'est le souverain bien. Fin ultime de toutes
nos actions (bien suprême) : le bonheur : c'est en vue d'être
heureux que nous voulons être en bonne santé (et que
nous courons pour cela). Le bonheur est donc le seul bien suprême,
car seul il est recherché pour lui-même (imaginez-vous
de dire que vous voulez être heureux pour être en bonne
santé? Ou en vue de courir? Non: tout ce que vous faites,
les fêtes, le repos, est en vue du bonheur).
Tout ce que veulent et recherchent
les hommes n'est recherché qu'en vue du bien souverain, le
bonheur. Pourquoi? Parce que le bonheur, c'est une vie "autarcique",
complète, qui se suffit à elle-même, dans laquelle
on ne manque de rien.
Donc : si la cité vise le
bien suprême, elle vise le bonheur. C'est en vue du bonheur
que les hommes s'associent en familles, en villages; ils tendent
donc naturellement à vivre en cité.
Ici, la cité est naturelle
en un nouveau sens, plus fort que les sens précédent
:
a) elle l'est parce qu'elle vise la
fin la plus haute pour l'homme, la satisfaction du bien suprême
de l'homme, celui que tous visent naturellement. Elle est en conformité
avec la nature de l'homme ou son désir naturel.
Explication : nature = fin (p.90).
Ce qui définit un être, ce n'est pas ce qu'il est au
départ, quand il naît par exemple. Ainsi, la nature
d'un embryon, c'est pour Ar d'être un homme, un adulte. L'embryon
n'est pas au départ ce qu'il est puisqu'il n'a pas encore
développé ses potentialités. Ar dit qu'un être
qui a réalisé sa nature est en "acte".
Ici : nature = fin de l'homme = être
heureux. Le bonheur, c'est l'état de perfection de l'homme.
La cité est donc naturelle puisqu'elle vise le bonheur. Et
elle réalise l'homme. C'est en elle que l'homme réalise
sa fin.
b) Mais on n'a pas encore vraiment
vu pourquoi. Dire que c'est parce qu'elle vise le bien suprême,
n'est pas une véritable explication. C'est comme de dire
qu'il pleut parce qu'il pleut. Il semble qu'on puisse donner deux
raisons à cette thèse :
-d'abord, il faut préciser
que pour définir ce qu'est le bonheur, il faut d'abord chercher
quelle est la fonction propre de l'homme.
Aristote le fait dans Et I, 6 et
13: ce qui est propre à l'homme par rapport aux plantes
et aux animaux, ce n'est ni la reproduction, la croissance, la vie
en général, ni la sensation mais la raison. C'est
aussi bien sûr la partie la plus excellente de nous-mêmes.
Donc, si le bonheur est la perfection
de l'homme, alors, il consistera dans une vie conforme à
la raison. Il cherche dans cet ouvrage à montrer que cette
vie conforme à la raison est une vie de "vertu"
: la vie bonne, c'est la vie morale, une vie d'excellence et d'équilibre,
qui consiste à savoir déterminer le juste milieu en
toutes circonstances. Faire ce qui est le mieux pour l'homme en
chaque circonstance. (A la fois parce que seul l'homme, par sa raison,
est un être moral, mais aussi parce que il a montré
que seule une vie morale est assez stable pour pouvoir mériter
l'appellation d'heureuse (I, 11).
On peut donc penser que si cette vie
s'obtient dans la cité, c'est parce que vivre selon des lois,
c'est prendre l'habitude de bien agir (cf. EN, I, 10 : "la
fin de la politique est la fin suprême; cette science met
son principal soin à faire que les citoyens soient des êtres
d'une certaine qualité, ie, des gens honnêts et capables
d'action"; or, cf.EN, II, 1, "c'est en pratiquant
des actions justes que nous devenons justes" -plus gén
: c'est en pratiquant des actions morales que nous demeurons morales).
Mais n'est-ce pas aussi surtout parce
que l'homme ne serait rien sans la cité? Ie, parce qu'il
est un être naturellement sociable? C'est bien ce qu'il
dit not dans Pol, I, 2 (texte 2, deuxième phrase):
l'homme est un animal politique (zoon politikon = un vivant des
cités). En effet seul de tous les animaux l'homme parle des
valeurs de la justice, du bien, du mal, bref, discute de choses
communes à tous (politiques) et nobles (morales); or, comme
la nature ne fait rien en vain (principe de finalité), c'est
que l'homme est naturellement fait pour vivre dans des cités
(où il pourra discuter avec d'autres de ces choses en commun,
et les réaliser). Donc : il est un animal politique. Donc
: si le bonheur est la vie parfaite de l'homme, sa perfection, si
elle réalise la nature ou fonction de l'homme, alors, la
cité vise bien le bien suprême de l'homme.
La cité est donc bien naturelle
parce qu'elle est en conformité avec la nature de l'homme.
Ce qui veut dire encore que si la cité a été
décomposée au début en ses éléments
constitutifs, il ne faut pas croire que ces membres puissent être
quoi que ce soit à part de la cité. C'est elle qui
les rend réelles. Ar dit que chrono, les parties sont antérieures
au tout, mais que téléologiquement, ou logiquement,
c'est la cité qui les précède.
Cf. métaphore organiciste
: la main sans le corps auquel elle appartient ou une main de
pierre, n'est une main que par homonymie (de nom). En effet un organe
n'existe que par l'exercie de sa fonction, qui n'est possible que
dans la totalité à laquelle il appartient. De même
pour la cité et ses éléments : ses éléments
n'acquièrent leur nature véritable qu'en elle. L'individu
n'est pas humain en dehors de la cité (il n'est qu'une bête
ou un dieu)
Trois remarques :
Il va ici contre les sophistes
pour qui la communauté politique n'est qu'une garantie de
survie individuelle, un pis-aller. Ce n'est pas par intérêt
que les hommes vivent dans des cités, mais pour vivre la
vie bonne, la vie meilleure et la plus haute qui soit. L'homme réalise
son humanité dans la cité, puisque si la fin naturelle
de l'homme c'est le bonheur, si c'est dans le bonheur qu'il se réalise
pleinement, alors, tout homme va nécessairement et naturellement
tendre vers elle. L'homme est fait pour vivre en cité.
Aristote s'oppose ici aux cyniques,
qui revendiquaient un individualisme forcené et un refus
de toute exigence sociale (indifférence pour les interdits,
et impudeur notamment). Aristote dit que c'est à peine un
homme car il se veut en dehors de la cité. Il dit même
que c'est un passionné de guerre : en effet, ceux qui vivent
hors cité entreront forcément en conflit avec elle,
car, à moins qu'il ne soit un dieu, il a besoin des autres.
Mais, comme il n'a pas de place dans la cité, le mode de
rapport avec autrui sera le conflit.
L'idée de droits de l'homme
est impensable :
On n'est pas un homme indépendamment
de la société, et surtout pas contre elle. En effet,
l'idée qu'on pourrait revendiquer son humanité contre
ce qui fait de vous un humain (l'appratenance à cité)
est une contradiction dans les termes. Finalement, on peut dire
que chez Aristote, c'est le bien de l'Etat qui est plus important
et plus parfait que celui de l'individu
La cité est naturelle car c'est
en elle que les autres communautés vont pouvoir satisfaire
pleinement leurs besoins. Si famille et village sont ant chrono
à la cité, la cité est toutefois la cause finale
de la famille et du village; en effet, c'est dans la cité
que rien ne nous manque plus, que nous satisfaisons pleinement nos
besoins (les autres com ne se suffisent pas à elles-mêmes).
Si nous savons maintenant que la différence
spécifique de la cité c'est le bien vivre (les autres
: le vivre), reste à préciser en quoi la cité
se distingue de la famille
D'abord, la cité vise-t-elle
:
-Le bonheur de chacun en particulier?
(ou bien particulier)
-Le bonheur de tous au sens d'une
somme des bonheurs particuliers? (ou somme des biens particuliers)
Si on répond chacun = rien
ne le distingue de la famille, elle n'a alors pas de bien spécifique;
mais alors pas non plus bien suprême!
Si on répond somme = rien ne
la distingue du village, et ib.
Le but spécifique de la cité,
son bien spécifique, ce n'est pas un bien économique,
mais un bien politique. Il ne faut pas confondre les deux, sinon,
on confond société et Etat (pour parler en termes
modernes). L'Etat est politique, il vise donc un bien politique.
La société est économique, elle vise donc un
bien ayant à voir soit avec la satisfaction des besoins quotidiens,
soit des besoins sociaux. Les biens particuliers seraient ceux du
foyer, la somme de ces biens serait le village, association de familles.
La cité, elle, désigne l'idée d'un bien
commun à tous. Ce bien s'identifie au bonheur tout simplement
parce que tant qu'il sont en famille ou en société,
les hommes ne peuvent parvenir au bonheur, puisqu'ils sont toujours
en état de manque.
Remarque : Ce qui nous montre
qu'Aristote distingue déjà société et
Etat, c'est que pour lui, les relations de pouvoir qui ont lieu
dans la communauté politique sont spécifiquement différentes
de celles qui ont lieu dans les autres communautés.
Pouvoir despotique : a lieu entre
inégaux
Pour lui, le pouvoir politique,
celui qui a lieu entre les citoyens (membres de la cité),
est un pouvoir entre gens égaux et libres. Les citoyens sont
investis du pouvoir politique : en effet, dans toute communauté,
il y naturellement relations de commandant à commandé.
Attention : Ar ne fait pas reposer
la politique sur des principes abstraits! En effet, le citoyen,
c'est seulement le maître de maison, l'homme libre. Ne sont
citoyens, ni les métèques, ni les femmes, ni les esclaves,
ni les enfants. Etre citoyen, ce n'est donc pas être habitant
d'une ville.
Sans doute parce que, étant
naturellement aptes à délibérerer et à
commander, n'ayant pas de soucis domestiques, ils sont naturellement
aptes à délibérer sur le bien de tous. Ainsi
Aristote dit-il que le citpyen a un pouvoir délibératif
et judiciaire.
Question : Aristote dit-il que tous
les citoyens commandent, ie, tous en même temps et en
permanence? Ce serait attendu puisque c'est un pouvoir entre égaux.
Ce serait l'idéal, mais c'est impossible. Donc : il va dire
que les citoyens doivent être tour à tour commandnats
et commandés.
Dernière question sur ce point
: pourquoi est-ce mieux que ce pouvoir s'exerce entre égaux?
Parce que le but spécifique
du politique c'est l'intérêt commun, le bonheur de
tous. Donc (III, 11) seuls des égaux pourront prendre des
décisions sages et justes concernant ce bien commun. Sans
doute parce que étant tous de même nature, étant
unis par une véritable fin commune, et par l'amitié,
ils sont capables de prendre des décisions en commun. L'amitié
en effet est une vertu sociale, qui unit ceux qui ont entre eux
une affinité morale. Cf. EN, VIII : l'ami c'est un autre
moi-même donc nos intérêts se rejoignent et nous
cherchons par définition un intérêt commun (cf.
"la justice ira croissant avec 'amitié")
(Etat : ce sont des relations de droit,
de justice, qui vont permettre ce bien vivre ensemble).
Note : autrui dans la philo
classique.
Contrairement à Descartes,
autrui ne fait donc pas un problème. Les hommes ont naturellement
besoin des autres, et l'homme ne se définit pas autrement
que par sa relation aux autres. Pas de doute sur le fait qu'autrui
existe et qu'on communique avec lui -c'est même plus réel
que l'individu isolé. L'homme n' rien à voir une conscience,
une intériorité, mais il se définit par par
son humanité, qui elle-même est politique.
Problème : l'esclave est-il
un homme (mon alter ego)?
Non, si l'homme se définit
par son rôle social et comme citoyen (celui qui possède
un pouvoir dans la cité, non l'habitant). L'autre, c'est
un individu qui peut ne pas avoir la même nature et la même
fonction que moi. Le problème d'Aristote, ce n'est pas le
respect des individus, mais l'intérêt de chacun à
travers celui du tout. Le problème est celui de nos places
respectives dans la vie sociale, et de notre complémentarité.
Dans ce cadre, les natres ne sont pas interchangeables.
Par contre, si l'homme se définit
par l'être de sa conscience, chaque "moi" est un
être à part entière : ce que je suis socialement
est second par rapport à ce moi essentiel. Deux moi se valent
alors que chez A., deux êtres humains ne se valent pas forcément.
(On ne peut traiter également ce qui est inégal)
Conclusion : L'existence
d'une communauté politique est naturelle, elle est légitimée
par l'existence d'un cosmos, d'une nature sensée. L'homme
est fait pour vivre en cité. Elle nous permet de devenir
ce que l'on est naturellement (chacun a une place pré-établie,
des dispositions à actualiser). Donc : pas de conflit entre
l'individu et l'Etat puisque l'Etat réalise l'individu, le
fait devenir ce qu'il doit être. De toute façon, celui
qui gouverne, c'est le plus sage, le plus intelligent (par nature)
: ce qui nous assure qu'il est à même de voir où
est le bien de tous.
Critique : Ne peut-on pas
répondre que chercher une origine cosmique à l'Etat
c'est légaliser le pouvoir de fait, ie, légitimer
ce qui est?
Cf. l'esclavage : Aristote ne se demande
pas s'il est acceptable mais s'il est naturel (ne se demande pas
si l'inégalité naturelle, est compatible avec les
valeurs que l'homme porte en lui, et si la nature ne doit pas être
corrigée par un idéal). Ainsi peut-on le soupçonner
de justifier par la nature ce qui est enraciné dans les murs.
Qui nous dit que ce qui nous apparaît comme naturel n'est
pas au fond qu'une longue habitude, qu'une longue accoutumance (cf.
texte de Hume)?
N'est-ce pas un refus d'interroger
les fondements? Peut-on réduire la légitimité
de l'Etat à une question de stabilité? Ce serait oublier
l'essence même de la politique, qui est l'expression d'un
vivre ensemble d'un peuple. Le pouvoir politique détaché
du peuple peut-il encore être considéré comme
légitime? N'est-ce pas une contradiction dans les termes?
Il faut donc revenir au fondement, ie, aux personnes contenues dans
un Etat.
suite
du cours
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