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Etre libre, est-ce pouvoir choisir ?

page créée le 05/04/2003

 

 

Résumé: Il s'agit ici de la "retranscription" d'un travail interactif effectué entre moi et une élève de terminale L. Je lui ai d'abord donné quelques conseils par rapport à un premier travail, puis, au fur et à mesure de l'écriture de son devoir, j'ai pu l'aider à rétablir ses maladresses et erreurs. Vous trouverez ces éléments de correction en rouge, directement dans son devoir ou/ et surtout, dans la deuxième colonne du tableau.

liens associés

- fiche liberté

- cours liberté

- cours inconscient

 

 


Premiers éléments de réponse apportés :

 Tu dois rechercher les différentes définitions de la liberté (conseil : tu peux consulter mon cours sur la liberté). Tu peux d'abord démontrer que la liberté est le libre-arbitre (qui affirme que la liberté c'est le pouvoir de choix).

 Mais la liberté ne consiste-t-elle que dans ce pouvoir? Pour répondre à cette question, tu dois te demander :

- à quelles autres conceptions de la liberté s'oppose celle-ci (cf. liberté politique des Anciens : être libre consiste à être citoyen...)

- quelle(s) conception(s) de l'homme suppose chacune d'elles

- ainsi que les conséquences de chacune d'elles : peut-être par exemple les conséquences de la première conception de la liberté, celle que tu as à discuter, sont-elles néfastes, dangereuses, ou peut-être absurdes, si bien que la liberté se nie elle-même...

- tu peux aussi te demander s'il existe une liberté absolue

Ainsi, tu aurais quelque chose du genre :

I- la liberté n'est rien d'autre que le libre-arbitre, le pouvoir de choisir

II- tu peux discuter/ critiquer cette thèse en mettant en évidence ses difficultés (soit son présupposé sur la nature humaine, soit ses conséquences)

III- alors, pourquoi pas opposer à cette conception une autre (conception de la) liberté? ou bien mesurer la conception de la liberté comme pouvoir de choisir en montrant que nous ne sommes jamais complètement totalement capables de choisir entièrement librement (ie : tu peux alors choisir (sic!) de soutenir pour finir qu'être libre c'est bien avoir le pouvoir de choisir, mais que, paradoxalement, cette liberté n'est pas absolue (cf. théories de l'inconscient, que ce soit l'inconscient individuel de Freud ou l'inconscient collectif/ social des sciences humaines -cf. déterminismes sociaux)

Cf. mes cours sur : la liberté et sur l'inconscient (il y a la critique de l'inconscient opérée par Sartre, donc, critique opérée du point de vue de la liberté).

 

Travail de correction I :

 

Introduction :

La liberté semble se déployer dans la multiplicité des possibles, la pluralité des options qui sont laissées au sujet. Il paraît en effet, dans cette acception assez commune DE LA LIBERTE, que le sujet est libre dans la mesure où il tranche, où il décide, où il affirme sa volonté dans le monde en refusant certains possibles et en en transformant d’autres en réalités. Or pour décider, pour que sa décision ait un sens et une portée, il semble que le sujet doive avoir le choix entre divers possibles, au moins entre celui d’agir et de ne pas agir, sans quoi il semble soumis à la nécessité dont la marque est qu’il n’a pas le choix et que les choses s’accomplissent avec lui ou sans lui dans le cours des phénomènes. Faut-il ainsi penser qu’être libre c’est pouvoir choisir ?

 

 

 

 

 

Autrement dit, faut-il qu’il y ait la possibilité d’un choix pour que le sujet puisse être dit libre ? Suffit-il qu’il y ait pouvoir de choisir pour que le sujet affirme par là son statut de sujet libre ? Est-ce que pouvoir choisir est une condition nécessaire ou suffisante de la liberté ? Le fait d’être libre est-il uniforme au fait de pouvoir choisir ? Il semble en effet que dans cette hypothèse (laquelle ? mieux vaut dire : « que si …, alors, … ») , on soit renvoyé de l’un à l’autre terme : être libre, c’est pouvoir choisir et pouvoir choisir, c’est être libre. "Pouvoir choisir" c’est à la fois le pouvoir de choix, la faculté de choisir, être capable d’opter pour tel ou tel possible et qui dépend du sujet et "avoir le choix", c’est-à-dire qu’il existe pour le sujet plusieurs partis entre lesquels choisir et qui ne dépend pas du sujet ;

 

 

 

 

 

 

de fait, "pouvoir choisir" c’est donc aussi avoir la liberté de choisir : là encore on voit que liberté et choix se renvoient l’un à l’autre : comment démontrer alors qu’être libre c’est pouvoir choisir dès lors que pouvoir choisir implique d’emblée le concept de liberté ?

 

L’enjeu d’une telle question est à la fois ontologique et métaphysique. Ontologique, parce que la liberté est de l’ordre de l’être : mais est-il alors possible de définir ma liberté à partir du fait que l’on a le pouvoir de choisir, qui est donc de l’ordre de l’avoir ? Métaphysique aussi, parce qu’elle interroge l’être humain ! ! dans son pouvoir à se déterminer et, en outre, on peut se demander si le pouvoir de choisir est le fondement métaphysique de la liberté.

 

 

 

 

De prime abord, la liberté s’envisage comme pouvoir de choisir. Cependant, le fait de pouvoir choisir ne suffit pas pour asseoir la liberté et pour penser le sujet comme libre.

(Enfin,) faut-il que plusieurs solutions soient possibles pour que le sujet puisse se penser comme libre ? Ne faudrait-il pas dès lors parvenir à une redéfinition du fait de pouvoir choisir, qui ne se situerait non pas dans la multiplicité des possibles mais dans l’accomplissement de la nécessité propre au sujet qui le fonde à la fois comme être moral et le fait advenir à lui-même ?

La liberté comme pouvoir de choisir est la première acception dans laquelle nous comprendrions intuitivement, ce qu’est la liberté. Elle paraît d’abord être cette possibilité qu’à le sujet de se poser des buts, de les choisir dans le monde et de ne pas être contraint dans cette détermination par une force ou par une volonté extérieure, parce que pouvoir choisir c’est aussi avoir l’omnipotence de ses choix et sur ses choix. L’esclave n’est-il pas ainsi celui qui n’a pas le pouvoir de choisir ?

 

 

Bien introduit, je trouve…

… encore que la décision n’est peut-être pas strictement synonyme de choix ? Comment définis-tu le choix ? Ne serait-ce pas la délibération, qui précède justement la décision, résultat de la délibération ? Avoir le pouvoir (capacité) de choisir, c’est pouvoir considérer plusieurs possibles, comme tu le dis ci-dessus. Sois donc plus précise ! Ici, tu vas donc trop vite. Arrête toi tout de suite sur la formule du sujet. « Pouvoir choisir ». Ceci dit, c’est bien amené tout de même. Tu réfléchis de façon vraiment philosophique, c’est d’un « très bon niveau » ! La notion de nécessité devra être creusée dans ton devoir (dans I, je pense).

 

Réel essai de reformulation du sujet : c’est bien.

 

 

Oui

 

Mal dit : veux-tu dire synonyme, ou identique ? ?

 

 

Bien.

 

 

 

 

Oui ; tu analyses enfin la notion de choix et l’expression du sujet ! –Attention toutefois à la phrase que j’ai sélectionné en rouge : ce qui ne dépend pas de nous n’est-il pas ce en quoi nous ne pouvons rien ? Ce qui est donné, le monde, la société, par exemple, cela, je ne le choisi pas parce que justement ça ne dépend pas de moi (cf. document joint, Aristote et la délibération)

 

 

 

Bien ; tu montres ici que c’est un peu paradoxal de répondre au sujet par la négative, car pouvoir choisir semble être la définition même de la liberté..

 

Quelle distinction fais-tu entre ontologique et métaphysique ?

Pas très pertinent. Ontologie a bien sûr à voir avec l’être, mais si ici l’enjeu est ontologique, ce serait plutôt parce qu’il interroge sur l’être, l’essence de la liberté, et peut-être au bout du compte sur la nature du monde (contingent, ou nécessaire ?). L’enjeu ne serait-il pas encore anthropologique, ayant à voir avec l’homme ? …

Phrase sélectionnée : bien !

Toutefois, ce § est un bel essai de réflexion. Tu as vraiment de grandes qualités philosophiques, et tout ce que je lis me paraît prometteur pour le bac.

 

Mais tu « sautes du coq à l’âne », comme on dit vulgairement ! Rien n’annonçait ce retournement ! Formule cette idée sous forme d’une question (« mais …. ? »

Voulais-tu dire « en effet » ?

 

 

Attention ! Je trouve ce § incompréhensible ! On ne voit pas, vraiment, ce qui pose problème, et en quoi ce que tu dis a à voir réellement avec la question !

 

 

 

 

Soit… mais ce § me paraît inutile (d’autant plus qu’au bout du compte, ton introduction est trop longue, et perd de plus en plus en précision…)

I.                   La liberté (considérée/envisagée) comme pouvoir de choisir.

 

Oui. Ici, tu dois bien analyser les conditions nécessaires de la liberté, et montrer que les réquisits de la liberté sont les mêmes que ceux du choix (comme tu l’as bien vu, le choix suppose la liberté). Analyse également la notion de choix, la délibération. Ainsi que la notion de nécessité. A quoi s’oppose encore, pour l’homme, le pouvoir de choisir ? Ne peut choisir celui qui est « déterminé »…

II. Pouvoir choisir ne suffit pas à asseoir la liberté ; ne fonde pas la liberté ; n’assoit pas le sujet comme sujet libre.

 

A. La liberté d’indifférence comme le degré le plus bas de la liberté.

 

B. Pouvoir vraiment choisir, c’est ne plus pouvoir choisir (cf. le choix)

Quand mon esprit penche autant d’un côté que de l’autre : Rodrigue

 

C. ? trans I vers II ? ?Le pouvoir de choisir ne fonde la liberté que lorsqu’il est engagé, lorsqu’il y a choix c’est-à-dire à la fois fait de choisir et objet choisi. Pouvoir de choix qui ne s’investit pas ( ?), c’est la liberté elle-même qui ne s’investit pas, parce qu’elle ne s’exerce pas. La liberté est lorsque le sujet agi. Etre libre c’est faire agir sa liberté et donc le pouvoir de choisir. Le choix en tant que fait de choisir engage mon pouvoir de choisir, il montre comment il est pouvoir de ma volonté qui s’engage, il montre ma libre détermination ; en tant qu’objet choisi. Etre libre c’est faire agir son pouvoir de choisir non pas parce qu’il le fait choix (de plus un choix suivant sa qualité n’engagera pas forcément plus de liberté pour moi) mais parce qu’il est acte d’une volonté qui s’est déterminée.

cas où je suis libre et où pourtant je ne peux pas choisir

cas où je ne suis pas libre mais où pourtant je choisis

 

Oui, c’est pas mal. Mais il faut que tu annonces cela sous forme de question, que tu vas t’appliquer ici à résoudre de manière démonstrative, en montrant les difficultés de I.

 

Pour bien montrer que tu réponds à la question, insistes bien que cette critique du libre-arbitre revient à montrer que si être libre, c’est pouvoir choisir, alors, comme le choix libre ou entièrement libre n’existe pas, cela semble remettre en question la liberté elle-même… Mais que ce sujet est finalement compliqué ! !

Bonne idée : utilisation d’exemples littéraires.

 

 

 

 

Que veux-tu dire par « investir » ?

 

 

§ un peu trop vague ; attention, on ne comprend pas toujours ce que tu veux dire

 

 

 

 

 

 

Oui…

III. Repenser le choix : au delà de la multiplicité des possibles

 

Repenser le pouvoir choisir : le choix n’est pas dans la multiplicité des possibles et pouvoir choisir doit être pensé comme un devoir choisir qui se confond avec le vouloir choisir.

les héros tragiques sont-ils libres + le dilemme cornélien

avoir le choix / pouvoir choisir : si je ne choisis pas, si je n’arrête pas mon choix j’ai quand même le pouvoir de choisir

je ne choisis pas apparaît comme le plus haut degré de ma liberté et pourtant  le plus bas ; liberté d’indifférence=suspendre son choix

avoir l’embarras du choix et ne pas pouvoir choisir : trop de choix, je ne parviens pas à me décider ; peser le pour et le contre mais impasse

Achtung : on ne se demande pas si le choix est libre ou non on se demande si le fait de pouvoir choisir fonde la liberté

Pouvoir choisir / de choix

le vote démocratique ; voter c’est choisir ; acte de liberté

 

 

 

 

Je « vois » ce que tu veux faire/ dire : ça m’a l’air pas mal…

 

 

 

 

? ? (c’est-à-dire ?)

 

 

je ne vois pas ce que tu veux dire

 

 

 

 

oui, mais c’est pourtant ce que tu as fait en II, non ? Penses-tu que l’on puisse de toute façon faire abstraction de cette autre question ?

 

C’est surtout la troisième partie qui est à revoir : ton devoir n’avance plus, tu me sembles être dans une impasse. Je t’envoie quelques documents (sur Sartre et Aristote) qui peut-être te permettront de décanter tout ça. Cf. fait que Sartre a une conception autre de la liberté : pour lui, le choix n’est pas quelque chose de libre (cf. la célèbre phrase : « quand je délibère, les jeux sont faits »). La liberté n’est pas choix. Ce n’est donc pas, pour lui, le pouvoir de choisir qui peut fonder la liberté, car le « pouvoir » de choisir n’est qu’une illusion, etc. (c’est une des pistes possibles)

 

Tu peux également dans cette dernière partie insister plus sur ton premier plan. Pense aussi aux thèses stoïciennes et spinozistes selon lesquelles être libre c’est accepter la nécessité, une fois qu’on l’a bien comprise. Mais cela supposerait que tu ais remis en cause à un moment le pouvoir de choisir d’un point de vue ontologique (tiens ! ça me fait penser que tu avais annoncé dans ton intro cet aspect, que tu ne sembles pas aborder dans ton développement ! attention !), i.e., en disant qu’il suppose certaines conditions du côté du monde (naturel comme social) qui ne sont pas existantes : cf. contingence., qui s’oppose à la nécessité.

 

Voilà pour les quelques conseils que je peux te donner. J’aurais à mon tous une question : j’aimerais savoir si tu as l’impression de réellement progresser en étant aidée tout au long de la construction de ton devoir ? Bien sûr, tu ne pourras sans doute le « savoir » qu’au bout de quelques temps, mais pense à me le dire !

 

As-tu lu le petit essai sur la liberté d’H. Arendt dans La crise de la culture ? C’est très intéressant !

 

Elements de correction II :

Au secours !

En fait je n'arrie pas à bâtir ma seconde partie ; je m'embrouille dans le concept de liberté d'indifférence, l'âne de Buridan, etc...

 

 

 

 

 

 

En outre je pense qu'il faudrait faire intervenir dans cette partie Sartre et Aristote. J'ai déjà commencé à rédiger ma deuxième partie mais ça ne tourne pas rond.

 

Faut-il commencer par revenir sur la définition de la liberté ? Faudrait-il faire plutôt :

 

II. Etre libre n'est pas homogène au fait de pouvoir choisir.

 

 

A. Le fait de pouvoir choisir ne suffit pas à asseoir ma liberté (liberté d'indifférence=>je réalise un choix arbitraire=>choix sans raison => cette liberté est le plus bas degré de liberté=> pouvoir de choix immense mais liberté la plus basse qui soit) ;

en reprenant vos documents :

B. Sartre.

C. Aristote.

D. Retour à Descartes : besoin d'un entendement éclairé : le pouvoir de choisir qui fonde ma liberté ne me laisse pas le choix => le pouvoir de choix qui fonde la liberté est au delà de la multiplicité des possibles = mon III avec Kant (Fondements de la métaphysique des moeurs).

 

Est-ce que vous pourriez m'aider à bâtir ce grand II ; comment l'organeriseriez-vous ?

Je vous joins la suite de ma dissert : le I et l'esquisse embrouillée de mon II.

Evi

c’est vrai que ce n’est pas évident ; or, il faut à tout prix que tu ais des définitions précises ! La liberté d’indifférence, c’est n’être déterminé par rien à faire ce que l’on fait ; c’est en fait le libre-arbitre, mais ici, ce qur quoi on met l’accent, c’est sur le fait qu’aucun des éléments en présence ne nous incline plus qu’un autre ; d’où l’âne de buridan, expérience de pensée destinée à montrer l’absurdité d’une telle « libert é»…

Il ne me semble pas « méthodique » de faire intervenir dans une même partie ces deux auteurs ! En effet, Sartre critique la délibération rationnelle. Aristote devrait te permettre de conceptualiser un des termes de ton sujet : le choix. Qu’est-ce que choisir ? Donc : devrait plutôt apparaître en I.

 

Je sais que c’est ton plan, mais, j’insiste, quand tu rédigeras, il faut une question, qui doit venir après l’amorce de quelque chose qui ne va pas dans l’identité première.

 

Evite le terme d’ »asseoir » et privilégie le terme de « fonder ». Bon, je crois avoir trouvé comment tu peux t’en sortir ici : cf. ce que je t’ai dit en intro juste avant : la liberté d’indifférence est UNE certaine manière de définir le libre-arbitre ; dans ce cas, en I, tu n’en auras pas parlé en ces termes. Le résumé du A me paraît d’aillleurs tout à fait approprié ! Par contre, j’insiste, Sartre et Aristote ne me semblent pas avoir leur place ici. J’espère ne pas t’avoir embrouillée, par conséquent, en t’envoyant des documents supplémentaires ! ! En fait, ici, ton problème, c’est qu’il y a beaucoup trop d’auteurs : Descartes, Aristote, Sartre, tu te rends compte, un peu ! Alors que ces auteurs ont, quand même, une vision du monde différente, et pas les mêmes présupposés !

Je pense donc qu’il te faut ici insister sur le texte de Descartes, et, c’est vrai, tu peux te servir une nouvelle fois d’Aristote, pour montrer que les caractères essentiels –soit de la liberté –soit de la délibération, sont absents de la liberté d’indifférence, qui est la définition ultime de la liberté qu’on est à terme mené à adopter.

Première partie :

 

La liberté comme pouvoir de choisir est la première acception dans laquelle nous comprendrions intuitivement, ce qu’est la liberté.

Elle paraît d’abord (en effet)  être cette possibilité qu’à le sujet de se poser des buts, de les choisir dans le monde et de ne pas être contraint dans cette détermination par une force ou par une volonté extérieure, parce que pouvoir choisir c’est aussi avoir l’omnipotence de ses choix et sur ses choix. L’esclave n’est-il pas ainsi celui qui n’a pas le pouvoir de choisir ? Celui auquel jamais deux possibilités ne seront proposées et qui sera toujours face à un réel univoque qui est le réel de l’ordre qui lui est donné d’en haut ? L’esclave n’a pas le choix ; il est tenu d’obéir à ce qui lui est demandé et en ce sens il n’est pas libre.

(fais un 2ème §) Cependant cette description de l’esclave n’est-elle pas trop conventionnelle ? En quel sens pouvons nous dire que l’esclave n’a pas le pouvoir de choisir. Certes il n’a pas le choix, mais il a le pouvoir de choix. Ne peut-il pas trouver d’alternative à sa condition ? N’a-t-il pas le choix entre obéir et désobéir ? Il peut se conformer à son statut ou le refuser en bloc et défendre son statut d’homme raisonnable, capable d’affirmer dans le monde sa volonté, c’est-à-dire manifester une capacité à choisir qui peut aussi être une capacité de refuser. Le sens qu’Aristote a donné au mot "esclave" dans Le Politique qui, si nous ne pouvons y souscrire, nous éclaire cependant sur les liens entre "pouvoir de choix" et "être libre", est plus essentiel que cette privation accidentelle de la situation dans laquelle tout homme libre se trouve quotidiennement, celle de choisir entre diverses options. Pour Aristote, l’esclave est celui qui n’a pas cette capacité délibérative, qui n’a pas le pouvoir de choix et qui, par voie de conséquence, n’a pas le pouvoir de choisir. Les termes sont ainsi renversés : on n’est pas privé de sa capacité de choisir parce qu’on est esclave, mais on est esclave parce que par nature, cette faculté de choisir, le pouvoir de choix manque.

 

 

 

 

Le pouvoir de choisir semble donc bien être ce qui fonde ma liberté.

 

(nouveau §) A l’inverse, le fait de ne pas pouvoir choisir, semble ruiner ma liberté.