|
Etre
libre, est-ce
pouvoir
choisir
?
page
créée
le 05/04/2003
|
|
| Résumé:
Il
s'agit
ici
de
la
"retranscription"
d'un
travail
interactif
effectué
entre
moi
et
une
élève
de
terminale
L.
Je
lui
ai
d'abord
donné
quelques
conseils
par
rapport
à
un
premier
travail,
puis,
au
fur
et
à
mesure
de
l'écriture
de
son
devoir,
j'ai
pu
l'aider
à
rétablir
ses
maladresses
et
erreurs.
Vous
trouverez
ces
éléments
de
correction
en
rouge,
directement
dans
son
devoir
ou/
et
surtout,
dans
la
deuxième
colonne
du
tableau.
|
|
liens
associés
- fiche
liberté
- cours
liberté
- cours
inconscient
|
Premiers
éléments
de réponse
apportés
:
Tu
dois rechercher
les différentes
définitions
de la
liberté
(conseil
: tu peux
consulter
mon cours
sur la
liberté).
Tu peux
d'abord
démontrer
que la
liberté
est le
libre-arbitre
(qui affirme
que la
liberté
c'est
le pouvoir
de choix).
Mais
la liberté
ne consiste-t-elle
que dans
ce pouvoir?
Pour répondre
à cette
question,
tu dois
te demander
:
-
à quelles
autres
conceptions
de la
liberté
s'oppose
celle-ci
(cf. liberté
politique
des Anciens
: être
libre
consiste
à être
citoyen...)
-
quelle(s)
conception(s)
de l'homme
suppose
chacune
d'elles
-
ainsi
que les
conséquences
de chacune
d'elles
: peut-être
par exemple
les conséquences
de la
première
conception
de la
liberté,
celle
que tu
as à discuter,
sont-elles
néfastes,
dangereuses,
ou peut-être
absurdes,
si bien
que la
liberté
se nie
elle-même...
-
tu peux
aussi
te demander
s'il existe
une liberté
absolue
Ainsi,
tu aurais
quelque
chose
du genre
:
I-
la liberté
n'est
rien d'autre
que le
libre-arbitre,
le pouvoir
de choisir
II-
tu peux
discuter/
critiquer
cette
thèse
en mettant
en évidence
ses difficultés
(soit
son présupposé
sur la
nature
humaine,
soit ses
conséquences)
III-
alors,
pourquoi
pas opposer
à cette
conception
une autre
(conception
de la)
liberté?
ou bien
mesurer
la conception
de la
liberté
comme
pouvoir
de choisir
en montrant
que nous
ne sommes
jamais
complètement
totalement
capables
de choisir
entièrement
librement
(ie :
tu peux
alors
choisir
(sic!)
de soutenir
pour finir
qu'être
libre
c'est
bien avoir
le pouvoir
de choisir,
mais que,
paradoxalement,
cette
liberté
n'est
pas absolue
(cf. théories
de l'inconscient,
que ce
soit l'inconscient
individuel
de Freud
ou l'inconscient
collectif/
social
des sciences
humaines
-cf. déterminismes
sociaux)
Cf.
mes cours
sur :
la liberté
et sur
l'inconscient
(il y
a la critique
de l'inconscient
opérée
par Sartre,
donc,
critique
opérée
du point
de vue
de la
liberté).
Travail
de correction
I :
|
Introduction
:
La
liberté
semble
se
déployer
dans
la
multiplicité
des
possibles,
la
pluralité
des
options
qui
sont
laissées
au
sujet.
Il
paraît
en
effet,
dans
cette
acception
assez
commune
DE
LA
LIBERTE,
que
le
sujet
est
libre
dans
la
mesure
où
il
tranche,
où
il
décide,
où
il
affirme
sa
volonté
dans
le
monde
en
refusant
certains
possibles
et
en
en
transformant
d’autres
en
réalités.
Or
pour
décider,
pour
que
sa
décision
ait
un
sens
et
une
portée,
il
semble
que
le
sujet
doive
avoir
le
choix
entre
divers
possibles,
au
moins
entre
celui
d’agir
et
de
ne
pas
agir,
sans
quoi
il
semble
soumis
à
la
nécessité
dont
la
marque
est
qu’il
n’a
pas
le
choix
et
que
les
choses
s’accomplissent
avec
lui
ou
sans
lui
dans
le
cours
des
phénomènes.
Faut-il
ainsi
penser
qu’être
libre
c’est
pouvoir
choisir
?
Autrement
dit,
faut-il
qu’il
y
ait
la
possibilité
d’un
choix
pour
que
le
sujet
puisse
être
dit
libre
?
Suffit-il
qu’il
y
ait
pouvoir
de
choisir
pour
que
le
sujet
affirme
par
là
son
statut
de
sujet
libre
?
Est-ce
que
pouvoir
choisir
est
une
condition
nécessaire
ou
suffisante
de
la
liberté
?
Le
fait
d’être
libre
est-il
uniforme
au
fait
de
pouvoir
choisir
?
Il
semble
en
effet
que
dans
cette
hypothèse
(laquelle ?
mieux
vaut
dire :
« que
si
…,
alors,
… »)
,
on
soit
renvoyé
de
l’un
à
l’autre
terme
:
être
libre,
c’est
pouvoir
choisir
et
pouvoir
choisir,
c’est
être
libre.
"Pouvoir
choisir"
c’est
à
la
fois
le
pouvoir
de
choix,
la
faculté
de
choisir,
être
capable
d’opter
pour
tel
ou
tel
possible
et
qui
dépend
du
sujet
et
"avoir
le
choix",
c’est-à-dire
qu’il
existe
pour
le
sujet
plusieurs
partis
entre
lesquels
choisir
et
qui
ne
dépend
pas
du
sujet
;
de
fait,
"pouvoir
choisir"
c’est
donc
aussi
avoir
la
liberté
de
choisir
:
là
encore
on
voit
que
liberté
et
choix
se
renvoient
l’un
à
l’autre
:
comment
démontrer
alors
qu’être
libre
c’est
pouvoir
choisir
dès
lors
que
pouvoir
choisir
implique
d’emblée
le
concept
de
liberté
?
L’enjeu
d’une
telle
question
est
à
la
fois
ontologique
et
métaphysique.
Ontologique,
parce
que
la
liberté
est
de
l’ordre
de
l’être
:
mais
est-il
alors
possible
de
définir
ma
liberté
à
partir
du
fait
que
l’on
a
le
pouvoir
de
choisir,
qui
est
donc
de
l’ordre
de
l’avoir
?
Métaphysique
aussi,
parce
qu’elle
interroge
l’être
humain ! !
dans
son
pouvoir
à
se
déterminer
et,
en
outre,
on
peut
se
demander
si
le
pouvoir de choisir
est
le
fondement
métaphysique
de
la
liberté.
De
prime
abord,
la
liberté
s’envisage
comme
pouvoir
de
choisir.
Cependant,
le
fait
de
pouvoir
choisir
ne
suffit
pas
pour
asseoir
la
liberté
et
pour
penser
le
sujet
comme
libre.
(Enfin,)
faut-il
que
plusieurs
solutions
soient
possibles
pour
que
le
sujet
puisse
se
penser
comme
libre
?
Ne
faudrait-il
pas
dès
lors
parvenir
à
une
redéfinition
du
fait
de
pouvoir
choisir,
qui
ne
se
situerait
non
pas
dans
la
multiplicité
des
possibles
mais
dans
l’accomplissement
de
la
nécessité
propre
au
sujet
qui
le
fonde
à
la
fois
comme
être
moral
et
le
fait
advenir
à
lui-même
?
La
liberté
comme
pouvoir
de
choisir
est
la
première
acception
dans
laquelle
nous
comprendrions
intuitivement,
ce
qu’est
la
liberté.
Elle
paraît
d’abord
être
cette
possibilité
qu’à
le
sujet
de
se
poser
des
buts,
de
les
choisir
dans
le
monde
et
de
ne
pas
être
contraint
dans
cette
détermination
par
une
force
ou
par
une
volonté
extérieure,
parce
que
pouvoir
choisir
c’est
aussi
avoir
l’omnipotence
de
ses
choix
et
sur
ses
choix.
L’esclave
n’est-il
pas
ainsi
celui
qui
n’a
pas
le
pouvoir
de
choisir
?
|
Bien introduit,
je
trouve…
… encore
que
la
décision
n’est
peut-être
pas
strictement
synonyme
de
choix ?
Comment
définis-tu
le
choix ?
Ne
serait-ce
pas
la
délibération,
qui
précède
justement
la
décision,
résultat
de
la
délibération ?
Avoir
le
pouvoir
(capacité)
de
choisir,
c’est
pouvoir
considérer
plusieurs
possibles,
comme
tu
le
dis
ci-dessus.
Sois
donc
plus
précise !
Ici,
tu
vas
donc
trop
vite.
Arrête
toi
tout
de
suite
sur
la
formule
du
sujet.
« Pouvoir
choisir ».
Ceci
dit,
c’est
bien
amené
tout
de
même.
Tu
réfléchis
de
façon
vraiment
philosophique,
c’est
d’un
« très
bon
niveau » !
La
notion
de
nécessité
devra
être
creusée
dans
ton
devoir
(dans
I,
je
pense).
Réel essai
de
reformulation
du
sujet :
c’est
bien.
Oui
Mal dit :
veux-tu
dire
synonyme,
ou
identique ? ?
Bien.
Oui ;
tu
analyses
enfin
la
notion
de
choix
et
l’expression
du
sujet !
–Attention
toutefois
à
la
phrase
que
j’ai
sélectionné
en
rouge :
ce
qui
ne
dépend
pas
de
nous
n’est-il
pas
ce
en
quoi
nous
ne
pouvons
rien ?
Ce
qui
est
donné,
le
monde,
la
société,
par
exemple,
cela,
je
ne
le
choisi
pas
parce
que
justement
ça
ne
dépend
pas
de
moi
(cf.
document
joint,
Aristote
et
la
délibération)
Bien ;
tu
montres
ici
que
c’est
un
peu
paradoxal
de
répondre
au
sujet
par
la
négative,
car
pouvoir
choisir
semble
être
la
définition
même
de
la
liberté..
Quelle distinction
fais-tu
entre
ontologique
et
métaphysique ?
Pas très
pertinent.
Ontologie
a
bien
sûr
à
voir
avec
l’être,
mais
si
ici
l’enjeu
est
ontologique,
ce
serait
plutôt
parce
qu’il
interroge
sur
l’être,
l’essence
de
la
liberté,
et
peut-être
au
bout
du
compte
sur
la
nature
du
monde
(contingent,
ou
nécessaire ?).
L’enjeu
ne
serait-il
pas
encore
anthropologique,
ayant
à
voir
avec
l’homme ?
…
Phrase sélectionnée :
bien !
Toutefois,
ce
§
est
un
bel
essai
de
réflexion.
Tu
as
vraiment
de
grandes
qualités
philosophiques,
et
tout
ce
que
je
lis
me
paraît
prometteur
pour
le
bac.
Mais tu « sautes
du
coq
à
l’âne »,
comme
on
dit
vulgairement !
Rien
n’annonçait
ce
retournement !
Formule
cette
idée
sous
forme
d’une
question
(« mais
…. ? »
Voulais-tu
dire
« en
effet » ?
Attention !
Je
trouve
ce
§
incompréhensible !
On
ne
voit
pas,
vraiment,
ce
qui
pose
problème,
et
en
quoi
ce
que
tu
dis
a
à
voir
réellement
avec
la
question !
Soit… mais
ce
§
me
paraît
inutile
(d’autant
plus
qu’au
bout
du
compte,
ton
introduction
est
trop
longue,
et
perd
de
plus
en
plus
en
précision…)
|
|
I.
La
liberté
(considérée/envisagée)
comme
pouvoir
de
choisir.
|
Oui. Ici,
tu
dois
bien
analyser
les
conditions
nécessaires
de
la
liberté,
et
montrer
que
les
réquisits
de
la
liberté
sont
les
mêmes
que
ceux
du
choix
(comme
tu
l’as
bien
vu,
le
choix
suppose
la
liberté).
Analyse
également
la
notion
de
choix,
la
délibération.
Ainsi
que
la
notion
de
nécessité.
A
quoi
s’oppose
encore,
pour
l’homme,
le
pouvoir
de
choisir ?
Ne
peut
choisir
celui
qui
est
« déterminé »…
|
|
II.
Pouvoir
choisir
ne
suffit
pas
à
asseoir
la
liberté
;
ne
fonde
pas
la
liberté
;
n’assoit
pas
le
sujet
comme
sujet
libre.
A.
La
liberté
d’indifférence
comme
le
degré
le
plus
bas
de
la
liberté.
B.
Pouvoir
vraiment
choisir,
c’est
ne
plus
pouvoir
choisir
(cf.
le
choix)
Quand
mon
esprit
penche
autant
d’un
côté
que
de
l’autre
:
Rodrigue
C.
?
trans
I
vers
II ? ?Le
pouvoir
de
choisir
ne
fonde
la
liberté
que
lorsqu’il
est
engagé,
lorsqu’il
y
a
choix
c’est-à-dire
à
la
fois
fait
de
choisir
et
objet
choisi.
Pouvoir
de
choix
qui
ne
s’investit
pas
( ?),
c’est
la
liberté
elle-même
qui
ne
s’investit
pas,
parce
qu’elle
ne
s’exerce
pas.
La
liberté
est
lorsque
le
sujet
agi.
Etre
libre
c’est
faire
agir
sa
liberté
et
donc
le
pouvoir
de
choisir.
Le
choix
en
tant
que
fait
de
choisir
engage
mon
pouvoir
de
choisir,
il
montre
comment
il
est
pouvoir
de
ma
volonté
qui
s’engage,
il
montre
ma
libre
détermination
;
en
tant
qu’objet
choisi.
Etre
libre
c’est
faire
agir
son
pouvoir
de
choisir
non
pas
parce
qu’il
le
fait
choix
(de
plus
un
choix
suivant
sa
qualité
n’engagera
pas
forcément
plus
de
liberté
pour
moi)
mais
parce
qu’il
est
acte
d’une
volonté
qui
s’est
déterminée.
cas
où
je
suis
libre
et
où
pourtant
je
ne
peux
pas
choisir
cas
où
je
ne
suis
pas
libre
mais
où
pourtant
je
choisis
|
Oui, c’est
pas
mal.
Mais
il
faut
que
tu
annonces
cela
sous
forme
de
question,
que
tu
vas
t’appliquer
ici
à
résoudre
de
manière
démonstrative,
en
montrant
les
difficultés
de
I.
Pour bien
montrer
que
tu
réponds
à
la
question,
insistes
bien
que
cette
critique
du
libre-arbitre
revient
à
montrer
que
si
être
libre,
c’est
pouvoir
choisir,
alors,
comme
le
choix
libre
ou
entièrement
libre
n’existe
pas,
cela
semble
remettre
en
question
la
liberté
elle-même…
Mais
que
ce
sujet
est
finalement
compliqué ! !
Bonne idée :
utilisation
d’exemples
littéraires.
Que veux-tu
dire
par
« investir » ?
§ un peu
trop
vague ;
attention,
on
ne
comprend
pas
toujours
ce
que
tu
veux
dire
Oui…
|
|
III.
Repenser
le
choix
:
au
delà
de
la
multiplicité
des
possibles
Repenser
le
pouvoir
choisir
:
le
choix
n’est
pas
dans
la
multiplicité
des
possibles
et
pouvoir
choisir
doit
être
pensé
comme
un
devoir
choisir
qui
se
confond
avec
le
vouloir
choisir.
les
héros
tragiques
sont-ils
libres
+
le
dilemme
cornélien
avoir
le
choix
/
pouvoir
choisir
:
si
je
ne
choisis
pas,
si
je
n’arrête
pas
mon
choix
j’ai
quand
même
le
pouvoir
de
choisir
je
ne
choisis
pas
apparaît
comme
le
plus
haut
degré
de
ma
liberté
et
pourtant
le
plus
bas
;
liberté
d’indifférence=suspendre
son
choix
avoir
l’embarras
du
choix
et
ne
pas
pouvoir
choisir
:
trop
de
choix,
je
ne
parviens
pas
à
me
décider
;
peser
le
pour
et
le
contre
mais
impasse
Achtung
:
on
ne
se
demande
pas
si
le
choix
est
libre
ou
non
on
se
demande
si
le
fait
de
pouvoir
choisir
fonde
la
liberté
Pouvoir
choisir
/
de
choix
le
vote
démocratique
;
voter
c’est
choisir
;
acte
de
liberté
|
Je « vois »
ce
que
tu
veux
faire/
dire :
ça
m’a
l’air
pas
mal…
? ?
(c’est-à-dire ?)
je ne vois
pas
ce
que
tu
veux
dire
oui, mais
c’est
pourtant
ce
que
tu
as
fait
en
II,
non ?
Penses-tu
que
l’on
puisse
de
toute
façon
faire
abstraction
de
cette
autre
question ?
|
C’est
surtout
la troisième
partie
qui est
à revoir :
ton devoir
n’avance
plus,
tu me
sembles
être dans
une impasse.
Je t’envoie
quelques
documents
(sur Sartre
et Aristote)
qui peut-être
te permettront
de décanter
tout ça.
Cf. fait
que Sartre
a une
conception
autre
de la
liberté :
pour lui,
le choix
n’est
pas quelque
chose
de libre
(cf. la
célèbre
phrase :
« quand
je délibère,
les jeux
sont faits »).
La liberté
n’est
pas choix.
Ce n’est
donc pas,
pour lui,
le pouvoir
de choisir
qui peut
fonder
la liberté,
car le
« pouvoir »
de choisir
n’est
qu’une
illusion,
etc. (c’est
une des
pistes
possibles)
Tu
peux également
dans cette
dernière
partie
insister
plus sur
ton premier
plan.
Pense
aussi
aux thèses
stoïciennes
et spinozistes
selon
lesquelles
être libre
c’est
accepter
la nécessité,
une fois
qu’on
l’a bien
comprise.
Mais cela
supposerait
que tu
ais remis
en cause
à un moment
le pouvoir
de choisir
d’un point
de vue
ontologique
(tiens !
ça me
fait penser
que tu
avais
annoncé
dans ton
intro
cet aspect,
que tu
ne sembles
pas aborder
dans ton
développement !
attention !),
i.e.,
en disant
qu’il
suppose
certaines
conditions
du côté
du monde
(naturel
comme
social)
qui ne
sont pas
existantes :
cf. contingence.,
qui s’oppose
à la nécessité.
Voilà
pour les
quelques
conseils
que je
peux te
donner.
J’aurais
à mon
tous une
question :
j’aimerais
savoir
si tu
as l’impression
de réellement
progresser
en étant
aidée
tout au
long de
la construction
de ton
devoir ?
Bien sûr,
tu ne
pourras
sans doute
le « savoir »
qu’au
bout de
quelques
temps,
mais pense
à me le
dire !
As-tu
lu le
petit
essai
sur la
liberté
d’H. Arendt
dans La
crise
de la
culture ?
C’est
très intéressant !
Elements
de correction
II :
|
Au
secours
!
En
fait
je
n'arrie
pas
à
bâtir
ma
seconde
partie
;
je
m'embrouille
dans
le
concept
de
liberté
d'indifférence,
l'âne
de
Buridan,
etc...
En
outre
je
pense
qu'il
faudrait
faire
intervenir
dans
cette
partie
Sartre
et
Aristote.
J'ai
déjà
commencé
à
rédiger
ma
deuxième
partie
mais
ça
ne
tourne
pas
rond.
Faut-il
commencer
par
revenir
sur
la
définition
de
la
liberté
?
Faudrait-il
faire
plutôt
:
II.
Etre
libre
n'est
pas
homogène
au
fait
de
pouvoir
choisir.
A.
Le
fait
de
pouvoir
choisir
ne
suffit
pas
à
asseoir
ma
liberté
(liberté
d'indifférence=>je
réalise
un
choix
arbitraire=>choix
sans
raison
=>
cette
liberté
est
le
plus
bas
degré
de
liberté=>
pouvoir
de
choix
immense
mais
liberté
la
plus
basse
qui
soit)
;
en
reprenant
vos
documents
:
B.
Sartre.
C.
Aristote.
D.
Retour
à
Descartes
:
besoin
d'un
entendement
éclairé
:
le
pouvoir
de
choisir
qui
fonde
ma
liberté
ne
me
laisse
pas
le
choix
=>
le
pouvoir
de
choix
qui
fonde
la
liberté
est
au
delà
de
la
multiplicité
des
possibles
=
mon
III
avec
Kant
(Fondements
de
la
métaphysique
des
moeurs).
Est-ce
que
vous
pourriez
m'aider
à
bâtir
ce
grand
II
;
comment
l'organeriseriez-vous
?
Je
vous
joins
la
suite
de
ma
dissert
:
le
I
et
l'esquisse
embrouillée
de
mon
II.
Evi
|
c’est
vrai
que
ce
n’est
pas
évident ;
or,
il
faut
à
tout
prix
que
tu
ais
des
définitions
précises !
La
liberté
d’indifférence,
c’est
n’être
déterminé
par
rien
à
faire
ce
que
l’on
fait ;
c’est
en
fait
le
libre-arbitre,
mais
ici,
ce
qur
quoi
on
met
l’accent,
c’est
sur
le
fait
qu’aucun
des
éléments
en
présence
ne
nous
incline
plus
qu’un
autre ;
d’où
l’âne
de
buridan,
expérience
de
pensée
destinée
à
montrer
l’absurdité
d’une
telle
« libert é»…
Il
ne
me
semble
pas
« méthodique »
de
faire
intervenir
dans
une
même
partie
ces
deux
auteurs !
En
effet,
Sartre
critique
la
délibération
rationnelle.
Aristote
devrait
te
permettre
de
conceptualiser
un
des
termes
de
ton
sujet :
le
choix.
Qu’est-ce
que
choisir ?
Donc :
devrait
plutôt
apparaître
en
I.
Je
sais
que
c’est
ton
plan,
mais,
j’insiste,
quand
tu
rédigeras,
il
faut
une
question,
qui
doit
venir
après
l’amorce
de
quelque
chose
qui
ne
va
pas
dans
l’identité
première.
Evite
le
terme
d’ »asseoir »
et
privilégie
le
terme
de
« fonder ».
Bon,
je
crois
avoir
trouvé
comment
tu
peux
t’en
sortir
ici :
cf.
ce
que
je
t’ai
dit
en
intro
juste
avant :
la
liberté
d’indifférence
est
UNE
certaine
manière
de
définir
le
libre-arbitre ;
dans
ce
cas,
en
I,
tu
n’en
auras
pas
parlé
en
ces
termes.
Le
résumé
du
A
me
paraît
d’aillleurs
tout
à
fait
approprié !
Par
contre,
j’insiste,
Sartre
et
Aristote
ne
me
semblent
pas
avoir
leur
place
ici.
J’espère
ne
pas
t’avoir
embrouillée,
par
conséquent,
en
t’envoyant
des
documents
supplémentaires ! !
En
fait,
ici,
ton
problème,
c’est
qu’il
y
a
beaucoup
trop
d’auteurs :
Descartes,
Aristote,
Sartre,
tu
te
rends
compte,
un
peu !
Alors
que
ces
auteurs
ont,
quand
même,
une
vision
du
monde
différente,
et
pas
les
mêmes
présupposés !
Je
pense
donc
qu’il
te
faut
ici
insister
sur
le
texte
de
Descartes,
et,
c’est
vrai,
tu
peux
te
servir
une
nouvelle
fois
d’Aristote,
pour
montrer
que
les
caractères
essentiels
–soit
de
la
liberté
–soit
de
la
délibération,
sont
absents
de
la
liberté
d’indifférence,
qui
est
la
définition
ultime
de
la
liberté
qu’on
est
à
terme
mené
à
adopter.
|
|
Première
partie
:
La
liberté
comme
pouvoir
de
choisir
est
la
première
acception
dans
laquelle
nous
comprendrions
intuitivement,
ce
qu’est
la
liberté.
Elle
paraît
d’abord
(en
effet)
être
cette
possibilité
qu’à
le
sujet
de
se
poser
des
buts,
de
les
choisir
dans
le
monde
et
de
ne
pas
être
contraint
dans
cette
détermination
par
une
force
ou
par
une
volonté
extérieure,
parce
que
pouvoir
choisir
c’est
aussi
avoir
l’omnipotence
de
ses
choix
et
sur
ses
choix.
L’esclave
n’est-il
pas
ainsi
celui
qui
n’a
pas
le
pouvoir
de
choisir
?
Celui
auquel
jamais
deux
possibilités
ne
seront
proposées
et
qui
sera
toujours
face
à
un
réel
univoque
qui
est
le
réel
de
l’ordre
qui
lui
est
donné
d’en
haut
?
L’esclave
n’a
pas
le
choix
;
il
est
tenu
d’obéir
à
ce
qui
lui
est
demandé
et
en
ce
sens
il
n’est
pas
libre.
(fais
un
2ème
§)
Cependant
cette
description
de
l’esclave
n’est-elle
pas
trop
conventionnelle
?
En
quel
sens
pouvons
nous
dire
que
l’esclave
n’a
pas
le
pouvoir
de
choisir.
Certes
il
n’a
pas
le
choix,
mais
il
a
le
pouvoir
de
choix.
Ne
peut-il
pas
trouver
d’alternative
à
sa
condition
?
N’a-t-il
pas
le
choix
entre
obéir
et
désobéir
?
Il
peut
se
conformer
à
son
statut
ou
le
refuser
en
bloc
et
défendre
son
statut
d’homme
raisonnable,
capable
d’affirmer
dans
le
monde
sa
volonté,
c’est-à-dire
manifester
une
capacité
à
choisir
qui
peut
aussi
être
une
capacité
de
refuser.
Le
sens
qu’Aristote
a
donné
au
mot
"esclave"
dans
Le
Politique
qui,
si
nous
ne
pouvons
y
souscrire,
nous
éclaire
cependant
sur
les
liens
entre
"pouvoir
de
choix"
et
"être
libre",
est
plus
essentiel
que
cette
privation
accidentelle
de
la
situation
dans
laquelle
tout
homme
libre
se
trouve
quotidiennement,
celle
de
choisir
entre
diverses
options.
Pour
Aristote,
l’esclave
est
celui
qui
n’a
pas
cette
capacité
délibérative,
qui
n’a
pas
le
pouvoir
de
choix
et
qui,
par
voie
de
conséquence,
n’a
pas
le
pouvoir
de
choisir.
Les
termes
sont
ainsi
renversés
:
on
n’est
pas
privé
de
sa
capacité
de
choisir
parce
qu’on
est
esclave,
mais
on
est
esclave
parce
que
par
nature,
cette
faculté
de
choisir,
le
pouvoir
de
choix
manque.
Le
pouvoir
de
choisir
semble
donc
bien
être
ce
qui
fonde
ma
liberté.
(nouveau
§)
A
l’inverse,
le
fait
de
ne
pas
pouvoir
choisir,
semble
ruiner
ma
liberté.
Par
exemple,
le
"faux
choix",
cette
fermeture
des
possibles,
qui
me
confronte
à
une
situation
dans
laquelle
je
n’ai
pas
le
choix
et
donc
plus
le
pouvoir
de
choisir,
manifeste
la
perte
de
ma
liberté.
Lorsque
le
brigand
m’offre
cette
fausse
alternative
entre
"la
bourse
ou
la
vie,
situation
décrite
par
Rousseau
dans
Le
contrat
social,
je
sais
très
bien
qu’une
des
branches
est
définitivement
fermée,
puisque
si
je
refuse
de
donner
ma
bourse,
alors
ce
sera
"la
bourse
et
la
vie".
Quant
à
ma
bourse,
je
n’ai
plus
aucun
choix.
Quant
à
ma
vie,
puisque
l’on
peut
supposer
que
je
ne
veux
pas
la
perdre,
je
n’ai
pas
non
plus
véritablement
le
choix.
Le
pouvoir
de
choisir
qui
m’est
offert
est
une
illusion
car
un
seul
des
embranchements
qu’il
propose
peut
vraiment
devenir
réel,
comme
moindre
mal.
Il
n’y
a
donc
pour
moi
qu’un
seul
possible,
celui
de
donner
ma
bourse
en
espérant
qu’on
me
laissera
en
effet
continuer
mon
chemin.
Je
suis
bien
privé
de
ma
liberté
parce
que
je
n’ai
pas
le
pouvoir
de
choisir.
La
liberté
semble
donc
bien
n’exister
que
là
Poù
j’ai
le
pouvoir
de
choisir.
On
voit
aussi
par
là
qu’être
libre,
que
pouvoir
choisir,
c’est
aussi
pouvoir
se
donner
le
choix.
Je
retrouve
ma
liberté
dès
lors
que
je
peux
me
donner
le
choix,
que
je
rétablis
un
choix
partout
où
le
monde
semble
me
réduire
à
une
unique
conduite
possible.
On
pourrait
comprendre
la
philosophie
stoïcienne,
comme
la
capacité
du
sage
à
se
redonner
le
choix
dans
toutes
les
circonstances,
y
compris
celles
qui
lui
semble
les
plus
défavorables,
tels
les
revers
soudains
et
brutaux
de
la
fortune.
Le
sage
stoïcien
reprend
possession
de
sa
liberté,
quelles
que
soient
les
circonstances,
parce
qu’il
se
comporte
toujours
comme
s’il
avait
choisi
ce
qui
arrive.
Ainsi
qu’on
peut
l’examiner
dans
le
Manuel
d’Épictète,
le
sage
stoïcien,
dans
l’effort
qu’il
met
en
place
pour
vouloir
le
cours
des
choses,
rétablit
une
adéquation
entre
ce
cours
peut-être
tourmenté
et
violent,
et
ses
désirs.
"Changer
ses
désirs
plutôt
que
l’ordre
du
monde",
parce
qu’il
n’est
pas
possible
de
mettre
le
cours
du
monde
en
accord
avec
nos
désirs,
tandis
qu’il
dépend
de
nous
et
de
nous
seuls
de
changer
nos
désirs
pour
les
rendre
conformes
au
cours
des
événements.
Le
monde
ne
nous
donne
pas
toujours
le
pouvoir
de
choisir,
mais
nous
pouvons
toujours
nous
le
donner,
ou
plus
exactement
nous
comporter
comme
si
le
monde
correspondait
à
notre
choix,
alternative
toujours
ouverte
et
dans
laquelle
nous
pouvons
retrouver
notre
liberté.
Ainsi
être
libre
serait
donc
bien
uniforme
au
fait
de
pouvoir
choisir,
puisque
le
seul
moyen
pour
le
sujet
ontologique
de
s’éprouver
comme
libre
dans
l’ordre
de
la
nécessité,
c’est
de
faire
comme
s’il
l’avait
choisie
telle.
Mais
on
voit
bien
aussi
que
sous
cet
angle
le
pouvoir
de
choisir
n’est
pas
ce
qui
se
déploie
dans
la
multiplicité
des
possibles
et
dans
l’absence
des
contraintes.
Dès
lors
faut-il
comprendre
qu’être
libre
ce
n’est
pas
avoir
le
pouvoir
de
choisir,
du
moins
ainsi
défini
?
Ou
bien
faut-il
admettre
que
cette
liberté
n’est
qu’un
semblant
de
liberté,
faussée
par
le
pouvoir
de
choisir
lui-même,
auquel
cas
le
fait
que
je
puisse
choisir
ne
suffit
pas
pour
affirmer
que
je
suis
libre ?
|
Oui
Veille
à
faire
des
phrases
moins
longues,
c’est
plus
facile
à
lire ;
ici,
coupe
à
« parce
que »
Bon
exemple,
car
il
constitue
une
analyse
réelle,
il
est
donc
ici
« conceptel »
l’idée
est
bonne :
avoir
le
pouvoir
de
choisir
est
une
faculté
humaine
(cf.
volonté).
Une
faculté
s’exerce
ou
ne
s’exerce
pas :
ainsi,
nous
naissons
doués
de
raison,
mais
cette
raison
n’est
pas
immédiatement
ni
naturellement
ni
toujours
en
exercice
(cf.
distinction
être
en
puissance
et
être
en
acte) ;
la
notion
de
pouvoir
est
elle
aussi
équivoque :
avoir
la
puissance
de ;
mais
peut-on
parler
de
pouvoir
si
on
ne
peut
pas
réellement,
si
on
n’a
pas
la
force ! ?
(regarde
dans
un
dico
de
philosophie
ces
termes
de
pouvoir
et
de
volonté).
Je
disais
donc :
l’idée
est
bonne,
mais
je
trouve
ce
que
tu
dis
confus :
il
n’a
pas
le
choix
mais
il
a
le
choix ? ? ?
Et
puis,
autre
chose :
réponds-tu
ici
à
la
question
posée ?
alors,
ce
que
je
te
conseille,
c’est
plutôt
d’aller
directement
à
l’essentiel,
après
ton
premier
§ :
qu’est-ce
que
c’est,
cette
capacité
délibérative ?
Pourquoi
pense-t-on
intuitivement,
comme
tu
l’as
annoncé,
que
être
libre
c’est
pouvoir
choisir ?
Il
faut
que
tu
le
montres
en
étudiant
le
choix.
Certes,
ton
exemple
d’esclave
était
bien
vu,
et
est
approprié,
mais
ensuite,
tu
t’éloignes
du
sujet
(mais
ton
texte
est
vraiment,
ceci
dit,
très
agréable :
tu
sais
vraiment
utiliser
les
connaissances
philo)…
…
ceci
dit,
ces
derniers
mots
te
rattrapent :
tu
reviens
ici
au
sujet,
et
tu
es
donc
(à
peu
près)
sauve
oui
pas
mal
(analyse
plus
en
détail
la
notion
d’alternative)
Mais
tu
vas
trop
vite !
n’est-ce
pas
ici
une
idée
qui
devrait
venir
en
seconde
partie,
pour
remettre
en
question
la
thèse
première,
celle
qui
semble
aller
de
soi ?
Tu
vas
me
dire
que
je
t’ai
dit
qu’il
fallait
annoncer
une
difficulté
avant
de
passer
à
II,
mais
ici,
elle
vient
vraiment
trop
vite :
tu
ne
définis
pas
assez
les
termes,
les
concepts
(cf.
choix
et
délibération
=
sers
toi
de
l’analyse
d’Aristote ;
notion
de
nécessité ;
de
détermination ;
de
volonté
…)
Ca
te
ferait
des
choses
à
dire !
De
plus,
tu
n’aurais
pas
à
chambouler
trop
ton
devoir :
il
te
suffit
de
savoir
t’arrêter
sur
les
termes
importants
(j’en
ai
mis
un
en
rouge)
et
de
les
analyser
soigneusement.
Autre
chose :
n’abandonne
pas
non
plus
cet
exemple,
très
intéressant :
mais
il
doit
te
servir
à
montrer
que
la
liberté
suppose
un
pouvoir
de
choix
véritable,
etc.
ontologique
ne
va
pas
avec
sujet
j’ai
des
doutes
sur
cette
partie
(toujours
très
bien
écrite ! !) :
je
veux
dire,
sur
sa
place
ici ;
on
a
l’impression
ici
que
tu
ne
traites
pas
la
question
posée
…
alors
que,
bien
sûr,
tu
peux
t’en
servir !
Peut-être
peux-tu
dire
que
si
définir
la
liberté
comme
pouvoir
de
choix
semblerait
alors
réduire
le
« champ »
de
cette
liberté,
puisque
par
exemple
nous
ne
choisissons
pas
le
monde,
ou
même,
d’exister,
il
n’en
est
rien
…
et
là,
tu
te
sers
des
stoïciens ;
mais
réfléchis
à
ce
que
tu
pourrais
en
faire
en
III ?
transition
un
peu
vague,
tout
de
même
(mais
bel
essai
quand
même) :
qu’est-ce
qui
exactement
ne
va
pas ?
|
|
Deuxième partie
:
Le
fait
d’être
libre
implique-t-il
nécessairement
que
je
puisse
choisir
?
Le
fait
de
pouvoir
choisir
implique-til
nécessairement
que
je
sois
libre
?
Il
semble
que
le
fait
de
pouvoir
choisir
ne
suffise
pas
à
assoir
la
liberté
et
donc
n’installe
pas
le
sujet
ontologique
comme
libre.
C’est
par
l’analyse
de
la
liberté
dont
nous
avons
cru
qu’elle
était
fondée
et
qu’elle
se
confondait
avec
le
pur
pouvoir
de
choix
que
nous
allons
voir
qu’en
fait
elle
constitue
"le
plus
bas
degré
de
la
liberté".
Dans
notre
premier
développement
la
liberté
qu’installait
le
fait
de
pouvoir
choisir
est
le
libre-arbitre,
l’absolu
pouvoir
de
ma
volonté,
la
capacité
qu’a
celle-ci
de
résister
à
toute
détermination,
faculté
de
se
déterminer
en
dehors
de
toute
chaîne
de
causalité.
Ce
pur
pouvoir
de
choix
peut
donc
s’ériger
en
dépit
du
jugement
qui
me
pousse
à
choisir
tel
ou
tel
parti.
Ce
libre-arbitre
s’identifie
alors
à
la
liberté
d’indifférence,
sens
reconnu
par
Descartes
dans
la
lettre
du
9
février
au
Père
Mesland.
La
liberté
d’indifférence
est
qualifiée
de
"faculté
positive"
et
Descartes
affirme
qu’elle
se
trouve
impliquée
dans
tout
choix
auquel
doit
procéder
la
volonté.
Nous
pouvons
donc,
en
pleine
conscience,
refuser
le
vrai
ou
le
bien,
choisir
le
pire
alors
que
nous
voyons
le
meilleur.
La
liberté
d’indifférence
fondée
par
le
pur
pouvoir
de
choix
apparaît
en
ce
sens
comme
la
liberté
absolue,
puisqu’elle
marque
notre
puissance
à
nous
soustraire
de
toute
détermination.
Pourtant,
si
la
liberté
d’indifférence
apparaît
quand
tous
les
possibles
peuvent
se
réaliser,
comme
le
lieu
même
de
la
contingence,
il
faut
se
demander
si
la
positivité
d’une
telle
liberté,
fondée
par
le
pouvoir
de
choix,
est
réelle.
(nouveau
§)
En
effet,
une
liberté
ne
se
mesure
pas
seulement
formellement,
mais
aussi
par
la
fin
qu’elle
se
donne
et
sur
laquelle
elle
débouche.
Je
suis
en
effet
d’autant
plus
libre,
non
quand
j’ai
la
possibilité
de
faire
n’importe
quoi,
mais
quand
j’ai
le
pouvoir
d’accomplir
des
actions
efficaces,
ou
de
ne
pas
me
tromper,
c’est-à-dire
que
je
juge
en
connaissance
de
cause.
La
liberté
d’indifférence
que
fondait
le
pur
pouvoir
de
choix
qui
peut
être
aussi
indécision
ne
provient
que
de
mon
ignorance
à
l’égard
du
meilleur
parti
à
prendre,
et
ne
peut
donc
se
donner
à
voir
comme
le
plus
haut
degré
de
la
liberté.
Pouvoir
choisir
c’est
aussi
et
peut-être
surtout
savoir
choisir.
Or
la
liberté
d’indifférence
ne
nous
permet
pas
de
faire
les
bons
choix
donc
de
pouvoir
choisir.
Ainsi,
ce
n’est
pas
un
réel
pouvoir
de
choix
que
fonde
la
liberté
d’indifférence
de
même
que
la
liberté
d’indifférence
ne
fonde
pas
un
vrai
pouvoir
de
choix
pour
cette
raison
que
l’entendement
n’est
pas
éclairé.
(plus
dans
une
totale
liberté
d’indifférence
;
je
ne
peux
plus
choisir
;
avoir
vraiment
le
choix,
ce
n’est
plus
l’avoir
:
âne
de
Buridan)
et
:
même
dans
une
définition
de
la
liberté
qui
la
rattache
à
un
choix
capricieux
et
hasardeux,
sous
le
coup
du
hasard,
nous
n’avons
jamais
absolument
le
choix
mais
nous
sommes
tenus
continuellement
de
négocier
entre
les
possibles.
Notre
choix,
quand
bien
même
il
se
penserait
comme
pur
caprice,
est
strictement
limité
par
les
impératifs
du
monde
et
par
les
contraintes
qu’il
nous
impose.
On
ne
peut
donc
chercher
le
fait
de
pouvoir
choisir
dans
cette
liberté).
Au
pouvoir
de
choisir,
entendu
à
la
fois
comme
faculté
et
comme
acte,
préside
un
entendement
éclairé.
Par
là
seulement
se
trouve
aussi
fondé
ma
vraie
liberté.
Si
le
choix
peut
être
entièrement
clair,
"je
serai
entièrement
libre,
sans
jamais
être
indifférent.
La
vraie
liberté
est
une
puissance
positive
de
choix
et
avoir
le
choix
n’est
que
la
condition
négative
de
la
liberté,
qui
consiste
à
décider
positivement
et
requiert
donc
une
inclination,
opérée
par
un
entendement
éclairé.
Dans
la
perspective
cartésienne,
il
apparaît
que
je
suis
d’autant
plus
libre
qu’il
m’est
clair
et
plus
évident
qu’un
parti
doit
être
préféré
à
un
autre.
Cela
revient
à
dire
que
je
suis
d’autant
plus
libre
que
je
choisis
sans
avoir
le
choix,
donc
sans
pouvoir
choisir.
Que
mon
choix,
si
nous
voulons
revenir
à
cette
thématique
des
possibles
qui
nous
paraissait
liée
à
cette
notion,
ne
se
fait
pas
entre
plusieurs
possibles,
qui
seraient
tous
également
possibles,
mais
qu’entre
tous
les
possibles
qui
se
présentent
à
moi,
en
fait,
un
seul
retient
mon
attention
comme
étant
le
seul
possible
auquel
je
puisse
et
doive
m’en
tenir.
En
ce
sens,
nous
comprenons
que
choisir
un
parti
dans
le
sens
plein
qu’il
faut
donner
à
cette
élection,
ce
n’est
pas
être
dans
une
situation
où
plusieurs
choix
sont
possibles
de
fait
pour
le
sujet.
Pouvoir
choisir
et
choisir,
c’est
d’une
certaine
façon,
lorsque
ce
choix
correspond
véritablement
au
sujet
qui
le
fait,
reconnaître
qu’une
seule
solution
est
bonne
et
non
pas
toutes
indifféremment.
Mais
alors
où
est-ce
que
je
peux
placer
l'âne
de
Buridan
|
bon
questionnement
-
mais
qu’est-ce
qui
a
annoncé
cela,
en
I ?
Par
exemple,
peu-être
aurais-tu
poser
les
questions :
mais
pourtant,
la
liberté
n’est-elle
pas
alors
bien
petite,
si
elle
est
pouvoir
de
choisir ?
en
effet,
on
ne
peut
tout
choisir
(cf.
Aristote) ;
autre
question :
existe-t-il
un
pur
pouvoir
de
choix ?
si
on
montre
que
non,
que
cette
notion
se
contredit,
alors,
faut-il
nier
l’existence
de
la
liberté ?
Et
bien
non,
car
tu
montres
avec
Descartes
que
c’est
le
plus
bas
degré
de
la
liberté.
Analyse
bien
(à
fond !)
ce
texte.
Et
alors
en
III,
tu
proposes
une
autre
conception
de
la
liberté
(pourquoi
pas
celle
de
Sartre ?).
Et
comme
elle
est
aussi
criticable,
et
que
en
terminale,
tu
ne
peux
pas
faire
une
quatrième
partie
(au
sens
où
c’est
trop
difficile),
tu
annonces
en
conclusion,
ou
tu
dis
brièvement :la
difficulté
de
cette
position/
définition
de
la
liberté ;
et
tu
dis
que
cela
montre
la
complexité
de
penser
la
liberté
qui
doit
à
la
fois
être
(cf.
Sartre)
mais
également
(ce
que
l’on
a
dit
en
I
mais
bien
compris,
sans
II).
Ouh !
Que
c’est
difficile !
mal
dit
tu
vois,
le
terme
de
volonté
apparaît :
analyse
le
en
I !
là,
c’est
plutôt
bien
réussi,
je
trouve ;
tu
amènes
bien
l’auteur,
tu
as
une
référence
précise,
…tu
passes
à
un
autre
sens
de
la
liberté
je
crois
savoir
pourquoi
tu
as
des
problèmes
avec
cette
notion
de
liberté :
Descartes
l’entend
en
fait
en
deux
acceptions :
une
positive
et
une
négative ;
la
négative,
c’est,
me
semble-t-il,
l’âne
de
Buridan (vouloir
quelque
chose
sans
motif,
et
donc
faire
exprès
de
choisir
le
mal
quand
on
voit
le
bien
et
quand
on
sait
qu’il
faut
vouloir
le
bien ;
cf.
actes
gratuits,
crimes
gratuits…));
Descartes
dit
en
fait
que
vouloir
le
bien
c’est
là
la
véritable
liberté
-
ce
terme
aussi
est
absent
de
I !
définis
les
concepts
essentiels,
de
grâce !
ne
les
tiens
pas
pour
acquis !
-
bon
questionnement
oui
oui
disons
que
c’est
une
liberté
d’ignorance,
pour
la
parodier
(elle
supposerait
que
nous
ne
connaissions
rien)
oui,
mais
en
quoi
cela
suit-il
de
ce
que
tu
as
dis
ci-dessus ?
cf.
question
que
je
te
posais
à
propos
des
stoïciens
(ce
serait
ici
la
remise
en
question
de
la
liberté
comme
pouvoir
de
choix
en
rapporta
avec
nécessité) ;
il
y
aurait
donc
dans
cette
partie
un
A
et
un
B
(remise
en
question
par
nécessité ;
par
fausse
définition
de
la
liberté
qu’au
bout
du
compte,
elle
implique) ;
à
toi
de
choisir
l’ordre
tu
as
quand
même
mieux
compris
Descartes
que
je
le
croyais
au
premier
abord
(ci-dessus)
mais
lie
plus
ce
§
avec
la
question
traitée !
(i.e. :
tout
pouvoir
de
choix
n’est
pas
la
liberté,
quelque
chose
comme
ça…)
très
bien
au
début
de
ta
partie
(A
ou
B ?),
quand
tu
parles
de
la
façon
dont
il
ne
faudrait
pas
entendre
le
choix ;
ou
quand
tu
dis
que
le
choix
entre
plusieurs
possibles
ne
doit
pas
être
ou
ne
peut
pas
être
un
choix
non
motivé…
tu
peux
très
bien
en
parler
quand
tu
abordes
la
lettre
de
Descartes
|
J’espère
que tout
ceci t’aidera.
Tu vas
vraiment
avoir
beaucoup
de travail
(mais
tu as
déjà bien
travaillé
d’ailleurs !).
J’espère
que tout
ce que
je te
dis t’aidera
à progresser.
C’’est
intéressant
de voir
la construction
d’un devoir,
car je
vois de
plus en
plus vos
difficultés.
Sinon,
vraiment,
tous mes
encouragements,
c’est
d’un bon
niveau.
Dernières
choses :
je crois
que c’est
écrit
dans les
documents
que je
t’ai envoyé :
attention
à ne pas
dire qu’Aristote
parle
du libre
arbitre,
cette
notion
n’existait
pas avant
les philosophie
de la
conscience ;
as-tu
regardé
les déf
de libre
arbitre/
liberté
d’indifférence
dans des
dico philosophiques
(tiens !
j’ai une
nouvelle
intuition
pour t’aider :
l’âne
de Buridan
n’arrive
pas à
se décider :
liberté
non efficace,
pouvoir
non exercé !) ;
enfin :
si tu
as besoin
d’un coup
de pouce
ce week-end,
je ne
pourrai
pas te
répondre
avant
lundi
soir,
car je
pars en
week-end
demain…
Allez,
bon courage !
Derniers
conseils
Voici
quelques
conseils.
J'ai donc
lu ta
copie,
qui, dans
l'ensemble,
comme
je te
l'ai dit,
se démarque
de la
plupart
des copies
de terminale
que je
corrige.
Le style
est bon,
il y a
de la
réflexion,
de véritables
interrogations;
les auteurs
sont très
bien utilisés
(ie :
ils répondent
à des
questions
que tu
t'es d'abord
posées).
Voilà
pour les
compliments.
Par
contre,
quelques
difficultés
encore:
-
je te
l'avais
déjà dit
dans mes
corrections
détaillées,
tu ne
définis
pas assez
les termes
(libre-arbitre/
choix/
volonté/
délibération/
contingence/
possible);
cela manque
surtout
dans la
première
partie.
-
Par ailleurs,
j'ai du
mal à
suivre
ton plan
dans la
dernière
partie.
Descartes,
notamment,
revient
après
des §
qui, je
trouve,
ne le
faisaient
pas "attendre"
(donc
: ça fait
un peu
répétitif).
-
Sur le
contenu
:
Ce
que tu
dis sur
Sartre
: ça va,
me semble-t-il.
Peut-être
pas assez
fouillé...Et
puis,
le début
du § m'inquiète
un peu
: "être
libre
ce n'est
pas choisir"
veut dire
chez Sartre
que ce
n'est
pas délibérer;
mais il
y a un
choix
spontané,
qui certes
est difficile
à penser
parce
qu'il
n'y a
choix
que quand
on réfléchit
et considère
plusieurs
possibles!
Rappelle
toi ce
que tu
as dit
avec Aristote
: sans
réflexion
rationnelle,
pas de
choix.
Relis
vraiment
les quelques
pages
de l'être
et le
néant
où Sartre
critique
le choix
délibératif!
Attarde
toi un
peu sur
le caractère
paradoxal
du "choix
avant
le choix",
si l'on
peut dire,
sartrien!
Mais tu
l'as compris,
je pense,
vu la
dernière
phrase
de ce
§.
La
transition
qui vient
après
fait intervenir
la notion
de sujet
moral
: non
défini;
et jamais
abordé,
me semble-t-il,
avant.
Attention!
Sinon
: as-tu
vu en
quoi il
était
difficile
de parler
de libre
choix
quand
on parle
de choix
supposant
la connaissance
de ce
qu'on
choisit?
Cf. fait
que le
bien,
le mal,
que l'on
chosit,
n'existent
pas par
nous,
nous ne
les créons
pas; alors,
risque
de soumission
(c'est
pour ça
que Descartes
dit à
un moment
que le
libre
choix
c'est
choisir
le mal
tout en
connaissant
le bien!);
mais finalement,
on voit
que ne
pas connaître
c'est
ne pas
maîtriser,
c'est
être passif,
et être
déterminé
par des
causes
que nous
ignorons.
descartes
l'a sans
doute
vu, mais
Spinoza
le montre
bien.
A
ce propos
: tu finis
par Spinoza;
il y a
un rapport
entre
Spinoza
et les
stoïciens,
c'est
pour ça
que je
pensais
qu'il
était
utile
de finir
par eux.
Mais je
comprends
que refaire
ton devoir
te soit
difficile!
A
propos
d'Aristote
: ta citation
me paraît
fausse,
au sens
où Aristote
ne peut
pas dire
ça, ne
connaissant
pas la
notion
de volonté
(il parle
de "vouloir").
D'ailleurs,
j'ai des
doutes
sur ce
que tu
dis à
propos
de la
volonté;
qu'entends-tu
par là?
Tu ne
la définis
pas, donc,
c'est
vague!
Pourquoi
la mettre
avec l'indéterminité?
Tu dois
le dire,
il doit
bien y
avoir
une raison!
A
propos
de Hume
: pour
le moment,
je ne
vois pas
trop où
tu veux
en venir...
NB
: excuse-
moi du
désordre,
mais j'ai
relu ta
copie
deux fois,
une fois
hier soir
et une
fois en
cette
fin d'après-midi.
Je pense
que tu
connais
bien ton
devoir
et que
tu sauras
de quel
§ je parle!
Dans l'ensemble,
c'est
une copie
plutôt
bonne
(je dirais
très bonne
pour un
élève
de terminale!),
mais j'avoue
ne pas
connaître
les attentes
des profs
de lettres
sup! Cela
manque
par contre,
comme
je te
l'ai dit,
de précision
conceptuelle
(termes
à définir!).
Il faut
que tu
te concentres
là-dessus
pour progresser,
je pense.
Je suis
vraiment
content
que nous
ayions
pu ainsi
travailler
ensemble,
ton travail
était
vraiment
intéressant.
A bientôt!!
|
|