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Voici
quelques conseils pour rédiger cette dissertation difficile.
Vous trouverez différentes pistes à exploiter, souvent
sous forme de grands questionnements et de références
précises. Vous remarquerez que plusieurs plans sont possibles
: tout dépend de la problématique choisie au départ.
Analyse
des termes :
- idées
: représentations générales et abstraites ;
conceptions intellectuelles ; pensées (ce qui vient de lesprit
de lhomme) ; tout ce qui est culturel en général
- produit : quelque chose de fait, de fabriqué par lhomme
; résultat de la technique ; donc : objet technique ; marchandise
; un produit séchange contre un autre moyennant un
intermédiaire, largent, qui réduit les deux
produits à la même valeur
- valeur : être objet destime ; soppose au prix
: alors quune chose, par exemple, peut avoir un prix, parce
quelle peut être échangée contre une autre
dont elle est considérée comme léquivalent,
seul un être humain, une personne, a une valeur, car elle
ne peut être considérée de la même manière
(on nachète pas une personne humaine, on ne la vend
pas, etc. : elle a une valeur absolue, alors que le produit
a une valeur relative) Cf. Kant, impératif catégorique
(cf. le sujet « Quand
manque-t-on de respect à quelquun ? »
- échanges : il faudra bien distinguer les échanges
au sens strict et premier, à savoir, les échanges
économiques, et les échanges entre les hommes comme
par exemple léchange des idées
Quelques pistes :
I-
Une analyse de léchange de produits
Léchange
de produits a à voir avec société de consommation.
Pourquoi en effet échange-t-on des produits ? Par intérêt,
et par intérêt vital : cest mû par le besoin
quon le fait. Souvent, il en découle une absence de
souci dautrui, de la personne humaine, de sa valeur absolue
(cf. critiques bien actuelles du capitalisme). Par exemple, on peut
très bien utiliser les autres uniquement comme moyen pour
se nourrir (quand on échange par exemple quelques pièces
pour une baguette de pain
).
Vous
pouvez faire une analyse de cette forme déchange et
montrer quil na pas de valeur absolue mais seulement
relative. Voire, finalement, pas de valeur du tout
II- Comparaison avec léchange
des idées
Ensuite,
vous pouvez vous demander si léchange des idées
a la même valeur (cest-à-dire, pas vraiment de
valeur
), ou bien sil peut être mis au-dessus.
Vous pouvez pour ce faire tenter une comparaison et dire : et bien
oui, il semble que lon puisse légitimement comparer
les deux, au sens où, au premier abord, léchange
des idées paraît avoir la même fonction (utilité,
besoin, vie
) ; mais alors, il vous faut analyser léchange
des idées en lien avec la notion de langage (une des formes
essentielles de léchange didées, passe
bien par les mots, écrits ou proférés, par
le signe linguistique !), et lentendre au sens de communication.
La
question essentielle sera ici celle de savoir si léchange
didées a seulement une valeur utilitaire. Est-ce
mû par le besoin et lintérêt, par la survie,
quon échange des idées ?
Suggestions (je vous montre ici comment utiliser les cours, et plus
particulièrement, les textes étudiés dans ces
cours ; les cours auxquels je renvoie sont ceux de mon site) :
1)
On peut répondre, au premier abord, par laffirmative
: cf. besoin de communiquer entre nous, à partir du moment
où nous vivons en société
(Rousseau, Essai sur lorigine des langues ; Discours sur lorigine
de linégalité parmi les hommes ; sur ce point,
cours langage, la dernière annexe)
2) Oui, mais est-ce que cest vraiment un échange didées
? Nest-ce pas un échange dinformations (cf. concept
de «communication ») ? Nest-il pas néfaste
de réduire les idées au rang dinformations ?
Cela revient vraiment à réduire lhomme à
un animal : cf. Descartes,
Lettre à Newcastle, sur la spécificité
humaine du langage : si lanimal ne parle pas, cest parce
quil ne peut avoir didées, c'est-à-dire,
de représentations générales et abstraites
(du genre : 2 et 2 font 4 ; les corps sont soumis à la loi
de linertie ; lunivers est infini ; etc.). Il échange
bien, que ce soit avec nous soit avec ses comparses, des «signes
», mais ces signes sont seulement des «signaux »
(cf. Benveniste, la danse
des abeilles). Alors, on touche ici finalement à la dimension
«métaphysique » de léchange des
idées : si lhomme échange des idées,
ce nest pas pour vivre et/ ou survivre, mais cest purement
«gratuit », cest désintéressé
: cf. faire des maths, écrire des livres, faire de la philo,
en général, connaître et faire partager ses
connaissances : cest à la limite, du moins du point
de vue vital, inutile, mais quest-ce que ça a de la
valeur, et une valeur inestimable ! En effet, nest-ce pas
ce qui nous élève au-dessus de lanimal, des
choses, des besoins, et donc, de la nature en général
? ?
Léchange
des idées a donc une valeur absolue
et cette valeur
est la valeur de lhumanité elle-même. Donc léchange
des idées na pas la même valeur que léchange
des produits ! Il na pas une valeur relative, mais une valeur
absolue/ métaphysique.
Ensuite,
vous pouvez vraiment vous attaquer à la remise en question
(mais elle est déjà bien avancée
) de
la ressemblance entre les deux formes déchange
: on peut sattaquer en effet à la quasi-absence de
prise en compte dautrui dans les échanges de produits
en prenant cette forme déchanges didées
quest le dialogue, en prenant pour exemple un «échange
didées » entre Socrate et un de ses disciples
(cf. cours philosophie).
Vous pouvez alors montrer quil y a ici un rapport de
respect mutuel. Et sans doute un véritable échange,
qui ne conduit pas à chosifier lautre : ce nest
pas un échange dans lequel on considère, contrairement
à ce qui se passe dans léchange de produits,
autrui comme un moyen. Mais léchange des idées
montre la nécessité dêtre à plusieurs
pour penser mieux et donc avoir des idées réelles.
Ici, léchange a une valeur éthique. Il est complètement
désintéressé : son seul but est la vérité
(ainsi que la bonne manière de vivre et de réaliser
lhumanité).
Autres idées, autre plan
1)
Il y a une autre piste à exploiter :
Il
sagit du problème de léchange des produits
culturels, et de lexpression même de «produits
culturels ». Ce qui est alors en question, cest la culture
de consommation (et la consommation de la culture ! !), car elle
revient à considérer la culture, lesprit, lhomme,
comme un vulgaire produit, et comme nayant pas plus de valeur
que le «produit ».
Ce
point là, vous pouvez le mettre dans plusieurs endroits,
tout dépend de votre plan ; ainsi, vous pourrez tout à
fait choisir de mettre ce que jai mis en II (problème
du langage) dans la dernière partie : dans cette perspective,
il faudrait montrer, après avoir dit que les échanges
didées ont une valeur supérieure aux échanges
de produits, que les échanges didées ont même
une valeur absolue, et ne doivent donc pas être comparés
aux échanges de produits
ni même être
mis sur le même plan, comme notre culture de consommation
tend à le faire en parlant de «produits culturels »
.
2)
Dernière idée, et nouvelle référence
Les
deux formes déchanges sont diverses manières
denvisager les rapports entre les hommes. Lune le grandit,
lautre le réduit au statut danimal et/ ou de
chose (car la mise en rapport des hommes par lintermédiaire
des produits échangés est seulement une forme déchange
économique, cest-à-dire, a seulement,
mais je lai déjà dit, une fonction vitale).
Lautre favorise réellement le lien social et met donc
véritablement les hommes en rapport.
La
référence vraiment utile pour traiter cette piste
est le célèbre texte dAristote, Politiques,
I, 2 (cours autrui I ;
cours Etat I ) : les échanges didées (idées
morales, sur le bien, sur la justice) entre les hommes vivant dans
une cité est lacte politique par excellence, qui fait
de nous des hommes à part entière car ce qui
fait de nous des hommes, cest le fait de vivre avec nos semblables
: lhomme est pour Aristote naturellement social, il est fait
pour vivre en société, etc. Nous échangeons
donc, dans léchange didées, ce qui nous
est propre ; cela contribue donc à nous rendre plus humains
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