|
Avertissement :
vous trouverez ici des jalons pour construire votre dissertation.
Sous-entendu
du sujet : on fait comme si ce n'était pas possible
qu'il en soit autrement ; comme si autrui est par définition
un obstacle ou un moyen : il s'agit donc de savoir pourquoi
ou comment on peut être amené à dire ça,
et de trouver une alternative
Autrui :
terme très général : l'autre (que) moi ;
dans une perspective moderne, c'est l'autre sujet/ conscience/ moi
(Descartes) ; dans une perspective plus classique, avant Descartes,
c'est l'autre homme, tout simplement (cf. Aristote). Il est important
d'envisager les différents sens du terme, et de le préciser
dans votre devoir (cf. ce que j'appelle la perspective " métaphysique "
= celle de Descartes ; " politique " =
Aristote, Hobbes)
Peut-il :
1) possibilité physique 2) morale
Obstacle :
ce qui empêche quelque chose : mais quoi ? S'opposerait-il
à ma liberté par exemple ? Ne serait-il pas d'abord
ce qui m'empêche de faire tout ce que je veux ? (Sartre
pour une problématique métaphysique ; Hobbes
pour une problématique politique -peut-être plus facile
à utiliser pour un premier devoir). Qu'il y ait d'autres
que moi, c'est bien le signe que je ne suis pas seul.
Mais
qu'autrui soit et soit seulement un obstacle, cela suppose :
- que
je peux me définir tout seul (ce que semble croire Descartes
-cf. le cogito, cours autrui- mais ce que critique Sartre -cf. texte
cours autrui- et, dans une perspective plus politique, Aristote
-cours Etat texte Politiques, I, 2 : l'homme est un
animal politique)
- que
le mode des rapports entre les hommes (autrui, c'est aussi l'autre
homme) ne peut qu'être le conflit (Hobbes -cours
Etat-, Sartre -cours autrui-) ;
conception opposée : Rousseau ; notre expérience
même : avez-vous spontanément tendance à
vous ruer sur les autres dans la rue ? Ne sont-ils que des
adversaires, des ennemis ? On peut opposer à cela la
pitié ; l 'existence même de la cité :
les autres nous permettent de faire des choses que nous ne pourrions
faire seuls (survivre, notamment ; parler, ensuite -cf. les
premiers § des Politiques d'Aristote, encore !)
Interroger
ce que présuppose, sous-entend, une thèse, permet
donc de trouver à la fois ce qui fait vraiment problème
dans le sujet, mais aussi, vous le voyez ici, de trouver des arguments
pour critiquer cette thèse dans une autre partie
Moyen :
un moyen, c'est quelque chose qui vous sert à obtenir quelque
chose d'autre ; il s'oppose à la fin, qui elle, ne sert
à rien d'autre mais existe pour elle-même; c'est
quelque chose qui n'a pas de valeur absolue, mais seulement relative.
Si autrui est un moyen, vous le considérez donc comme ayant
seulement une valeur relative. Vous pouvez vous en servir pour autre
chose, comme monnaie d'échange, etc. Autrui n'est alors qu'une
chose.
Il
faut alors se demander pourquoi on suppose ici qu'autrui ne pourrait
être qu'un moyen : ne serait-ce pas parce qu'autrui nous
apparaît d'abord comme une chose du monde, puisque je ne vois
ou n'appréhende de lui que son corps, son aspect extérieur ?
(ne serait-ce pas la conséquence ultime de la conception
cartésienne de l'homme comme sujet et comme conscience ?).
Cela serait aussi ce qui mène à concevoir autrui comme
un obstacle (point commun de ces deux termes ..., à creuser)
Ici,
on répondra bien entendu que on peut se rapporter à
autrui autrement : nous le respectons, nous le considérons
comme quelqu'un et non comme quelque chose, comme quelqu'un qui
est non un moyen mais une fin en soi, i.e., qui a une valeur absolue,
envers qui j'ai des responsabilités, qui m'enjoins de ne
pas me tuer ... (Kant, impératif catégorique, cours
autrui et droit)
Et
dès lors, qu'on doit se rapporter à autrui autrement
qu'en termes d'obstacle ou de moyen ! (non plus possibilité
physique/ réelle, mais devoir moral)
Le
problème ultime posé par le sujet est donc de savoir
si autrui est une chose ou une personne, et si je peux être
sans autrui. Il s'agit de savoir si l'homme est un être intersubjectif
ou non.
Conseils
de rédaction :
- Il
est important de ne pas traiter à part, i.e., dans deux parties
différentes, autrui-obstacle et autrui-moyen ;
- le
passage à une autre partie doit toujours être lié
à la mise en évidence d'une faille dans la thèse
qu'on vient de défendre (par exemple : si vous avez
commencé par montrer qu'autrui est avant tout un moyen et
un obstacle, pour les raisons (...), il faut que vous ayiez commencé
à montrer que peut-être (...) ; alors, nouvelle
question, deuxième partie)
- quand
vous critiquez la thèse précédente, essayez
de vous attaquer au présupposé de cette thèse
(exemple : mais dire que (...) cela ne présuppose-t-il
pas telle conception de l'homme, telle définition d'autrui ?
Or, autrui ne serait-il pas au contraire essentiel à mon
être ? etc.)
- chaque
partie doit commencer par la question dont le développement
sera la réponse argumentée
- le
" problème " sous-jacent (exemple :
l'homme est-il un animal politique ? ou bien autrui est-il
une personne ?) devra être votre fil conducteur, et vous
permettre de progresser
|