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Accueil > Cours > Cours Machiavel Le Prince chapitre 7
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Machiavel, Le Prince : la politique doit-elle être morale ?

Chapitre VII (« des monarchies nouvelles qu’on acquiert par les armes d’autrui et par fortune »)

page créée le 30/05/2004

 

 

Résumé: le chap VI a traité des principautés qu’un prince acquiert par ses propres armes et par son talent. Le chap VII traite des principautés acquises par les armes d’autrui et par fortune, pour montrer qu’elles sont aussi difficiles à conserver qu’elles ont été faciles à conquérir

 

liens associés

- Corrigé de dissertation : Doit-on rester fidèle ?

- Cours sur la morale kantienne

 

Introduction

Chapitre XV

Chapitre XVIII

 

 

 


- causes de cette difficulté :

a) le prince n’a pas de forces à lui (armes d’autrui)

b) il n’a pas (généralement) le talent requis (la « virtu ») (mais fortune d’un père)

- il donne plusieurs exemples, mais en développe un : celui de César Borgia

LE CONTEXTE HISTORIQUE DE L’ACTION DE C. BORGIA

- fils du pape Alexandre VI, il est une sorte de condottiere (chef de guerre au service des seigneurs)

- les événements rapportés par M. s’étendent de 1499 à 1503 (date de la mort d’Alexandre VI)

- la situation politique de l’Italie se caractérise alors par la violence ; des forces s’affrontent :

a) présence de forces étrangères (françaises, espagnoles) sur le sol italien
b) division entre les Etats italiens
c) division à l’intérieur des Etats pontificaux (opposition entre grandes familles rivales, etc.) ; exemple : Orsini : Borgia veut en venir à bout par le guet-apens de Sinigaglia et les fait exécuter

L’ACTION DE C. BORGIA

1) Le récit de l’action (tel qu’il fut fait par M)

Deux moments :

a) Premier moment

(118/ 01-119-20) le personnage central est Alexandre VI, qui nous est présenté comme voulant doter son fils d’un Etat (en Romagne, Etat pontifical). Le premier moment illustre la thèse présentée au début du chap : on a affaire à un prince qui conquiert son Etat grâce à la fortune (l’aide de son père) et aux armes d’autrui (celles des Français).

b) Deuxième moment : retournement dans le récit

(119/ 10 à 122/ 18) C. Borgia est en effet au premier plan. Il change de stratégie : il recourt à ses propres armes et compte sur son propre talent (cf. conditions étudiées au chap. VI). Son action échouera cependant, mais à cause d’événements imprévus : la mort de son père et sa propre maladie suivie de sa mort.

2) Remarques sur le but et les moyens de l’action de C. Borgia

a) le but

-assurer son propre pouvoir (intérêt privé)
- mais en même temps assurer le bien de la Romagne en la délivrant des troupes étrangères et du pouvoir féodal qui l’opprimait (intérêt public) ; but atteint sinon visé

L’action de C. Borgia va donc dans le sens d’un intérêt collectif.

b) les moyens

Ils se caractérisent par leur extrême violence (guet-apens de Sinigaglia, pacification de la Romagne par un gouverneur sanguinaire que C.B. fit cruellement exécuter)

RETOUR SUR LE LIEN ENTRE LE CHAP VI ET LE CHAP VII

- l’opposition entre les deux chap telle qu’elle apparaît au début du chap VII (cf. ci-dessus : § I) disparaît dans la deuxième partie de ce chap : C.B. est présenté comme un chef qui

a) s’appuie sur ses propres armes et son talent et

b) qui mène une action tournant au bien du peuple dont il devient prince

- il s’ensuit à la fois :

a) une réhabilitation de C.B.

b) une démystification des liens fondateurs dont il a été question au chap VI (Moïse, Cyrus, Romulus, Thésée) : leurs méthodes politiques devaient être comme celles de C.B., ce qui montre que c’est la réussite de leur entreprise qui finit par les auréoler. Telle est la réalité politique.

LA VERTU ET LA FORTUNE

Ces deux concepts, explicitement présents dans ce chap (N.B. l’éd GF emploie le mot « talent », p. 117, l. 17, là où le texte italien utilise le mot « virtu ») sont les deux concpets-clef à partir desquels Machiavel explique l’histoire.

1) Qu’est-ce que la vertu (virtu) ?

- pas un concept moral (cf. Aristote, Ethique à Nicomaque)

- mais un concept politique : l’ensemble des qualités qui rendent un homme propre à l’exercice du pouvoir politique, i.e., essentiellement :

a) la force de caractère : une grande énergie mise au service d’une grande ambition

b) le talent politique ou le sens politique : aptitude à bien évaluer et à savoir exploiter une situation politique

2) La « vertu » se mesure avec la « fortune » dans l’histoire

La « vertu » est d’une certaine manière la caractéristique de celui qui réussit à maîtriser la fortune, pour autant qu’on peut le faire, car la fortune jouera toujours un rôle (cf. le cas de C.B.)

MORALE ET POLITIQUE

Le problème des rapports entre morale et politique apparaît dans ce chap sur un exemple vécu, celui de C.B., le héros machiavélien par excellence. Que faut-il en retenir ?

1) l’action de l’homme politique peut recourir, si besoin est, à la violence et au crime

Il n’y a pas d’impératif moral inconditionnel, situé au-dessus de la sphère du politique (comme chez Kant)

2) cela ne veut pas dire que l’action de C.B. soit complètement indifférente aux exigences de la moralité

Elle a en effet eu pour résultat de créer la paix en Romagne.

NB : pour les rapports entre morale et politique, cf. le chap XV

 

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