Deux étapes dans le développement de
la pensée de M.
PREMIERE ETAPE (2EME §) : M. ANNONCE
ET JUSTIFIE LA NOUVEAUTE DE LA THESE QU’IL VA SOUTENIR SUR
LE SUJET QU’IL TRAITE (LES VERTUS ET LES VICES DU PRINCE)
1) Le sujet dont il traite est évoqué dans la 1ère
phrase (155/ 01-03) : le problème des rapports du prince
avec ses sujets
NB : c’est par la suite que va apparaître le problème
moral engagé dans ces rapports
2) La thèse de M. est annoncée comme novatrice et
polémique (155/ 03-07)
A qui s’oppose M. ? Il ne le dit pas, mais on peut penser
au platonisme et au christianisme (à développer)
3) M. justifie le caractère novateur et polémique
de sa thèse (155/ 07-20)
- Il met en avant deux exigences pour justifier sa thèse
:
a) un souci d’efficacité : écrire quelque chose
d’utile (155/ 07)
b) de vérité : « il m’a paru plus pertinent
de me conformer à la vérité effective de la
chose qu’aux imaginations qu’on s’en fait »
(155/ 08-10)
Il y a d’ailleurs une relation entre ces deux exigences :
la seconde est une condition de la première.
NB : on pourrait apercevoir, sous-jacentes à l’argumentation
de M., deux idées qui sont diffuses dans toute son œuvre
:
1) l’idée de conservation.
Il s’agit de la conservation du pouvoir du prince en même
temps que de la société politique (pour M. les deux
coïncident)
C’est en fonction de cette « valeur » qu’il
faut tout apprécier. Elle définit le bien (le bon
et l’utile) et le mal (= le mauvais et le nuisible). Il ne
faut pas mettre au-dessus de ce bien un idéal moral.
2) une conception pessimiste de la nature humaine
Cf. « tant de gens qui ne sont pas bons » (155/ 15-18)
; cf. aussi chap XVIII, GF, 166/ 04.
Les hommes sont méchants, idée qu’il faut entendre,
non dans une perspective théologique ou métaphysique,
mais simplement au niveau du constat psychologique : les hommes
sont gouvernés par leurs passions, qui ont un effet nuisible
pour la société.
NB : donc, pour M., la société résulte :
- non de la sociabilité naturelle des hommes (cf. Aristote)
- ni d’un contrat qui ferait appel à la raison (Cf.
Rousseau)
- mais d’une force (celle du prince) qui canalise leurs passions
DEUXIEME ETAPE (2EME §) : M. ENONCE
SA THESE (SUR LES VERTUS ET LES VICES DES PRINCES)
1) il indique d’abord un critère à prendre
en compte pour apprécier vertus et vices : le jugement populaire
sur ce qui est moral (vertu) ou ne l’est pas (vice) (155/
21-26)
2) M. énumère ensuite une liste de vertus et de vices
que peut avoir un prince, tels qu’ils sont définis
à partir du critère précédent (155/
26 et 156/ 07)
3) Enfin il introduit un second critère pour apprécier
cex vertus et ces vices, qui aboutit à un renversement des
valeurs (156/ 07-23)
- M. commence par dire qu’il serait souhaitable qu’un
prince ait toutes les vertus mentionnées, mais il ajoute
aussitôt que c’est impossible (à cause de l’imperfection
de la nature humaine)
- dès lors se pose le problème : quelles seront les
vertus que le prince devra cultiver et quels seront les vices dont
il devra se garder ? Voilà qu’apparaît un second
critère, qui l’emporte sur le premier : la conservation
du pouvoir (l’utilité politique)
- conséquence : si on considère ce qui a été
classé « vice » à partir du premier critère,
il faudra établir une distinction tripartite :
1) il y a les vices (selon le 1er critère) qui peuvent faire
perdre le pouvoir = vices selon le 2nd critère
2) il y a les vices (selon le 1er critère) qui ne peuvent
pas faire perdre le pouvoir = pas des vices selon le 2nd critère
3) il y a les vices (selon 1) qui sont indispensables à
la conservation du pouvoir = vertus selon 2
Conclusion : renversement des valeurs par rapport au début
du §. Les vraies valeurs sont à apprécier selon
le2nd critère et non le 1er. Celui-ci n’est cependant
pas disqualifié, mais n’a qu’un rôle subalterne.
MORALE ET POLITIQUE DE M. A LA LUMIERE DE
CE TEXTE
1) Il n’y a pas de morale au dessus de la politique
La politique est une sphère autonome. Elle est même
la réalité suprême. Elle n’est cependant
pas un absolu : elle n’appelle pas un respect inconditionnel
(le prince n’a pas à se sacrifier pour ses sujets)
2) Les valeurs morales ne sont pas purement et simplement niées
par M.
Elles sont considérées comme secondes par rapport
aux valeurs politiques. Il est difficile de dire quel crédit
exact leur accorde M. Le chap XV montre qu’à tout le
moins elles valent par l’effet politique qu’elles peuvent
avoir : par le « renom » qu’elles donnent
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