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Accueil > Cours > Cours Machiavel Le Prince chapitre 15
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Machiavel, Le Prince : la politique doit-elle être morale ?

Chapitre XV (« les choses pour lesquelles les hommes et surtout les princes sont loués ou blâmés»)

page créée le 30/05/2004

 

 

Résumé: Le chapitre XV inaugure une seconde partie de l’ouvrage, où M. traite du prince lui-même (après avoir, dans une 1ère partie, traité des principautés). Plus précisément il traite des rapports que le prince doit entretenir avec ses sujets et donc des qualités et défauts (ou vertus et vices) qu’il y manifeste.

liens associés

- Corrigé de dissertation : Doit-on rester fidèle ?

- Cours sur la morale kantienne

 

Introduction

Chapitre VII

Chapitre XVIII

 

 


Deux étapes dans le développement de la pensée de M.

PREMIERE ETAPE (2EME §) : M. ANNONCE ET JUSTIFIE LA NOUVEAUTE DE LA THESE QU’IL VA SOUTENIR SUR LE SUJET QU’IL TRAITE (LES VERTUS ET LES VICES DU PRINCE)

1) Le sujet dont il traite est évoqué dans la 1ère phrase (155/ 01-03) : le problème des rapports du prince avec ses sujets

NB : c’est par la suite que va apparaître le problème moral engagé dans ces rapports

2) La thèse de M. est annoncée comme novatrice et polémique (155/ 03-07)

A qui s’oppose M. ? Il ne le dit pas, mais on peut penser au platonisme et au christianisme (à développer)

3) M. justifie le caractère novateur et polémique de sa thèse (155/ 07-20)

- Il met en avant deux exigences pour justifier sa thèse :

a) un souci d’efficacité : écrire quelque chose d’utile (155/ 07)

b) de vérité : « il m’a paru plus pertinent de me conformer à la vérité effective de la chose qu’aux imaginations qu’on s’en fait » (155/ 08-10)

Il y a d’ailleurs une relation entre ces deux exigences : la seconde est une condition de la première.

NB : on pourrait apercevoir, sous-jacentes à l’argumentation de M., deux idées qui sont diffuses dans toute son œuvre :

1) l’idée de conservation.

Il s’agit de la conservation du pouvoir du prince en même temps que de la société politique (pour M. les deux coïncident)

C’est en fonction de cette « valeur » qu’il faut tout apprécier. Elle définit le bien (le bon et l’utile) et le mal (= le mauvais et le nuisible). Il ne faut pas mettre au-dessus de ce bien un idéal moral.

2) une conception pessimiste de la nature humaine

Cf. « tant de gens qui ne sont pas bons » (155/ 15-18) ; cf. aussi chap XVIII, GF, 166/ 04.

Les hommes sont méchants, idée qu’il faut entendre, non dans une perspective théologique ou métaphysique, mais simplement au niveau du constat psychologique : les hommes sont gouvernés par leurs passions, qui ont un effet nuisible pour la société.

NB : donc, pour M., la société résulte :

- non de la sociabilité naturelle des hommes (cf. Aristote)

- ni d’un contrat qui ferait appel à la raison (Cf. Rousseau)

- mais d’une force (celle du prince) qui canalise leurs passions

DEUXIEME ETAPE (2EME §) : M. ENONCE SA THESE (SUR LES VERTUS ET LES VICES DES PRINCES)

1) il indique d’abord un critère à prendre en compte pour apprécier vertus et vices : le jugement populaire sur ce qui est moral (vertu) ou ne l’est pas (vice) (155/ 21-26)

2) M. énumère ensuite une liste de vertus et de vices que peut avoir un prince, tels qu’ils sont définis à partir du critère précédent (155/ 26 et 156/ 07)

3) Enfin il introduit un second critère pour apprécier cex vertus et ces vices, qui aboutit à un renversement des valeurs (156/ 07-23)

- M. commence par dire qu’il serait souhaitable qu’un prince ait toutes les vertus mentionnées, mais il ajoute aussitôt que c’est impossible (à cause de l’imperfection de la nature humaine)

- dès lors se pose le problème : quelles seront les vertus que le prince devra cultiver et quels seront les vices dont il devra se garder ? Voilà qu’apparaît un second critère, qui l’emporte sur le premier : la conservation du pouvoir (l’utilité politique)

- conséquence : si on considère ce qui a été classé « vice » à partir du premier critère, il faudra établir une distinction tripartite :

1) il y a les vices (selon le 1er critère) qui peuvent faire perdre le pouvoir = vices selon le 2nd critère

2) il y a les vices (selon le 1er critère) qui ne peuvent pas faire perdre le pouvoir = pas des vices selon le 2nd critère

3) il y a les vices (selon 1) qui sont indispensables à la conservation du pouvoir = vertus selon 2

Conclusion : renversement des valeurs par rapport au début du §. Les vraies valeurs sont à apprécier selon le2nd critère et non le 1er. Celui-ci n’est cependant pas disqualifié, mais n’a qu’un rôle subalterne.

MORALE ET POLITIQUE DE M. A LA LUMIERE DE CE TEXTE

1) Il n’y a pas de morale au dessus de la politique

La politique est une sphère autonome. Elle est même la réalité suprême. Elle n’est cependant pas un absolu : elle n’appelle pas un respect inconditionnel (le prince n’a pas à se sacrifier pour ses sujets)

2) Les valeurs morales ne sont pas purement et simplement niées par M.

Elles sont considérées comme secondes par rapport aux valeurs politiques. Il est difficile de dire quel crédit exact leur accorde M. Le chap XV montre qu’à tout le moins elles valent par l’effet politique qu’elles peuvent avoir : par le « renom » qu’elles donnent

 

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