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II-
LES CRITIQUES
Problème : lhypothèse
de linconscient est-elle si nécessaire? Ne serait-ce
pas une nouvelle illusion? Pour répondre à ces deux
questions, nous allons nous tourner vers deux types classiques de
critiques de l'inconscient : il s'agit de la critique éthique,
et de la critique scientifique.
A- LOBJECTION ETHIQUE : SARTRE ET LA MAUVAISE FOI
Né en 1905 et mort en 1980.
Fondateur de l'existentialisme.
Thèse qui signifie que
l'homme se définit peu à peu et que sa définition
est toujours ouverte.
Sartre,
L'existentialisme est un humanisme, pp. 16- et 22-23 :
"l'existence précède l'essence,
ou, si vous voulez, il faut partir de la subjectivité.
Que faut-il entendre au juste par là? Lorsqu'on considère
un objet fabriqué, comme par exemple un livre ou un coupe-papier,
cet objet a été fabriqué par un artisan qui
s'est inspiré d'un concept; il s'est référé
au concept de coupe-papier, et également à une technique
de production préalable qui fait partie du concept, et qui
est au fond une recette. Ainsi, le coupe-papierest à la fois
un objet qui se produit d'une certaine manière et qui, d'autre
part, a une utilité définie, et on ne peut pas supposer
un homme qui produirait un coupe-papier sans savoir à quoi
l'objet va servir. Nous dirons donc que, pour le coupe-papier, l'essence
-c'est-à-dire l'ensemble des recettes et des qualités
qui permettent de le produire et de le définir- précède
l'existence; et ainsi la présence, en face de moi, de tel
coupe-papier ou de tel livre est déterminée. (
)
Lorsque nous concevons un Dieu créateur, ce Dieu est assimilé
la plupart du temps à un artisan supérieur; (
)le
concept d'homme, dans l'esprit de Dieu, est assimilable au concept
de coupe-papier dans l'esprit de l'industriel; et Dieu produit l'homme
suivant des techniques et une conception, exactement comme l'artisan
fabrique un coupe-papier suivant une définition et une technique.
Ainsi l'homme individuel réalise un certain concept qui est
dans l'entendement divin. Au 18e siècle, dans
l'athéisme des philosophes, la notion de Dieu est supprimée,
mais non pas pour autant l'idée que l'essence précède
l'existence. (
) L'homme est possesseur d'une nature humaine;
cette nature humaine, qui est le concept humain, se retrouve chez
tous les hommes, ce qui signifie que chaque homme est un exemple
particulier d'un concept universel, l'homme (
).
L'existentialistme athée, que je représente,
est plus cohérent. Il déclare que si Dieu n'existe
pas, il y a au moins un être chez qui l'existence précède
l'essence, un être qui existe avant de pouvoir être
défini par aucun concept et que cet être c'est l'homme,
ou, comme le dit Heidegger, la réalité humaine. Qu'est-ce
que signifie ici que l'existence précède l'essence?
Cela signifie que l'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans
le monde, et qu'il se définit après. (
)
"L'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se
fait. Tel est le premier principe de l'existentialisme. C'est aussi
ce qu'on appelle la subjectivité, et que l'on nous reproche
sous ce nom même. Mais que voulons-nous dire par là,
sinon que l'homme a une plus grande dignité que la pierre
ou que la table? Car nous voulons dire que l'homme existe d'abord,
c'est-à-dire que l'homme est d'abord ce qui se jette vers
un avenir, et ce qui est conscient de se jeter vers l'avenir. L'homme
est d'abord un projet qui se vit subjectivement, au lieu d'être
une mousse, une pourriture ou un chou-fleur; rien n'existe préalablement
à ce projet; rien n'est au ciel intelligible, et l'homme
sera d'abord ce qu'il aura projeté d'être."
Sartre soutient donc la thèse
de la liberté totale de l'homme. Mais il y a des distinctions
à faire pour bien comprendre ce qu'est cette liberté
:
| "Non pas ce qu'il voudra être.
Car ce que nous entendons ordinairement par vouloir, c'est
une décision consciente, et qui est pour la plupart
d'entre nous postérieure à ce qu'il s'est fait
lui-même. Je peux vouloir adhérer à un
parti, écrire un livre, me marier, tout cela n'est
qu'une manifestation d'un choix plus originel, plus spontané
que ce qu'on appelle volonté. Mais si vraiment l'existence
précède l'essence, l'homme est responsable de
ce qu'il est. Ainsi, la première démarche de
l'existentialisme est de mettre tout homme en possession de
ce qu'il est et de faire reposer sur lui la responsabilité
totale de son existence." |
S'il y a bien des situations qui nous
obligent à choisir, c'est à nous de choisir le rapport
que nous aurons face à ces situations -ce qui n'est autre
que la "valeur" des choses ou situations. Il y a quatre
grands types de rapports possibles face aux choses : soit on cherche
à :
-reculer les limites que nous imposent
ces situations
-les franchir
-les nier
-s'en accomoder
Mais, en choisissant un de ces projets,
et donc, la valeur des situations, l'homme se détermine librement
par rapport à elles, et est responsable de ce choix.
Cf. exemple du rocher :
| Sartre, L'Etre et le Néant,
Ed. Tel Gallimard, pp.526-27 :
"Beaucoup de faits énoncés
par les déterministes ne sauraient être pris
en considération. Le coefficient d'adversité
des choses, en particulier, ne saurait être un argument
contre notre liberté, car c'est par nous, c'est-à-dire
par une position préalable d'une fin, que surgit
ce coefficient d'adversité. Tel rocher, qui manifeste
une résistance profonde si je veux le déplacer,
sera, au contraire, une aide préciseuse si je veux
l'escalader pour contempler le paysage. En lui-même
-s'il est même possible d'envisager ce qu'il peut
être en lui-même-il est neutre, c'est-à-dire
qu'il attend d'être éclairé par une
fin pour se manifester comme adversaire ou comme auxilliaire."
|
En conséquence de cette liberté
fondamentale à l'homme, Sartre va dire que la condition humaine
est double; l'homme est à la fois transcendance et facticité.
Sartre caractérise l'homme
en l'opposant à la chose; c'est un "sujet".
-Caractéristiques de la chose
: elle est fermée sur elle-même; elle a un contenu,
une forme, déterminés; elle est ce quelle
est, ie, elle obéit au principe didentité;
elle est un "être-en-soi".
-De lhomme : il est une
conscience, dont la caractéristique principale est
justement de navoir ni forme ni contenu déterminés;
elle nest rien "en soi"; elle est "pour
soi". Elle est, dit Sartre, néant, projet, transcendance
: ie, elle est toujours autre que ce quelle est, elle se transcende
toujours vers autre chose. La conscience est ce quelle nest
pas (son projet) et nest pas ce quelle est (son passé).
Toujours en dehors d'elle-même.
La conscience est aussi, toutefois,
au milieu dun monde de faits étrangers : ce que
Sartre appelle la facticité de la conscience, renvoie
au fait que je fais aussi partie de ce monde pour dautres
consciences, et que jai un corps, une place, un passé,
un environnement.
Sartre est un de ceux, avec Alain,
autre philosophe français, qui s'est fortement opposé
à l'hypothèse de l'inconscient. Selon lui, croire
à la réalité de l'inconscient, c'est rejeter
ce qui pourtant est fondamental à l'homme : la liberté.
Mais c'est également une attitude radicalement humaine, que
l'on peut qualifier de fuite, d'angoisse, devant cette trop grande
liberté.
Il va donc montrer que l'hypothèse
de l'inconscient n'est pas nécessaire, même pour expliquer
certains aspects ambigüs et complexes du comportement humain,
et qu'elle est plutôt une notion non seulement contradictoire
mais aussi immorale, car elle nie toute liberté et par là
empêche toute responsabilité envers nos actes.
Ce qui est intéressant, c'est
que Sartre explique à l'intérieur même d'une
philosophie de la conscience, ie, en gardant le postulat de l'immédiateté
de la conscience, des comportements que Freud explique par le recours
à l'inconscient -ce qui devrait donc invalider la thèse
de Métapsychologie. Pour Sartre, ces comportements
vont en effet pouvoir s'expliquer par "la mauvaise foi",
qui manifeste simplement le fait que l'homme est une conscience
et donc un être ambigü.
Pour montrer cela, nous allons partir
d'un exemple de comportement ambigü. Nous verrons ensuite comment
Freud expliquerait cet exemple, puis comment Sartre l'explique.
Enfin, il nous faudra montrer les enjeux de la critique sartrienne.
Prenons avec Sartre l'exemple d'une
jeune fille à son premier rendez-vous amoureux. Elle et son
fiancé sont assis sur un banc côte à côte.
Soudain, son fiancé lui prend la main. Elle la lui abandonne
et feint de ne rien remarquer. Elle se met à parler de choses
très sérieuses (pourquoi pas de philosophie
),
ignorant totalement le caractère charnel de l'invitation.
Elle ne s'aperçoit pas du tout du caractère charnel
de l'invitation (ce jeune homme a fortement envie de l'embrasser
).
Elle se fait au contraire, en réponse à ce geste du
jeune homme, "tout esprit".
D'un côté, elle est sensible
au désir qu'elle inspire, mais de l'autre, le désir
cru et nu, dans ce qu'il a de plus charnel, lui fait horreur. Elle
fait donc comme si le désir ne s'adressait pas à elle,
mais à son corps; elle diffère ainsi le moment de
la décision.
C'est donc là une situation
conflictuelle : il y a un conflit à l'intérieur de
cette jeune fille, puisqu'elle veut et ne veut pas à la fois
ce désir. On peut dire qu'elle connaît l'intention
de son partenaire (flirter avec elle), et sait très bien
qu'elle doit prendre assez rapidement une décision concernant
cette intention. Mais, d'un autre côté, elle ne veut
pas en sentir l'urgence : ainsi fait-elle seulement attention à
ce que l'attitude de son partenaire offre de respectueux. Elle idéalise
le désir. Ainsi quand il lui dit : "je vous admire tant",
elle s'efforce, elle feint, de ne pas faire attention à l'arrière-fond
sexuel de cette situation/affirmation.
Mais alors, cette situation de conflit
à l'intérieur d'elle-même, n'est-elle pas aussi
et surtout un véritable paradoxe, un comportement inexplicable?
En effet, il apparaît que ce
que semble faire cette jeune fille, c'est se mentir à elle-même.
Mais qu'est-ce que se mentir à soi-même?
Définissons d'abord le mensonge,
pour bien comprendre comment il paraît paradoxal de se mentir
à soi-même.
Mentir, c'est cacher la vérité
à quelqu'un, donc, à quelqu'un d'extérieur
à soi-même. Cette vérité qu'on
cache, on la sait, bien entendu, sinon, on ne ment pas, on se trompe,
on fait une erreur.
Exemples :
(1) quand je dis que "deux et
deux font cinq" au lieu de dire que "deux et deux font
quatre", en croyant dire un énoncé vrai, c'est
une erreur; je me trompe, et je l'ignore (je ne me trompe pas moi-même
!)
(2) quand je dis que "deux et
deux font cinq" à mon petit frère qui a cinq
ans, alors que je sais que "deux et deux font quatre",
je trompe mon petit frère, je lui cache la vérité
que je connais : je lui mens
Le menteur a donc l'intention de tromper
quelqu'un, et ne se dissimule nullement cette intention.
Par définition, il semble
bien impossible de se mentir à soi-même. En effet
ce serait un comportement dans lequel on devrait être
soi-même l'objet du mensonge, en même temps que
le sujet. Mais on ne peut se mentir à soi-même,
à partit du moment où ce qu'on veut cacher, on
le connaît!
Or, dans notre exemple, il semble
bien que la jeune fille se mente à elle-même. En effet,
cette jeune fille fait tout pour ignorer l'aspect charnel de la
situation. Elle se dit : "non! Il ne me désire pas seulement
moi en tant que corps, mais ce qu'il aime avant tout en moi, c'est
mon intelligence". Pourtant, elle est en même temps tout
à fait consciente de ce que signifie le geste de son fiancé.
Sartre appelle ce comportement dans
lequel on se ment à soi-même, souvent pour se sortir
de situations qui nous humilient ou qui sont trop difficiles à
supporter (cf. le cas de la malheureuse Elisabeth dont nous paralait
Freud dans ses Etudes sur l'hystérie!), la "mauvaise
foi". Elle consiste à user alors de raisons par expédient,
en les adoptant (ie, en y croyant).
Problème : nous sommes donc
en présence d'un comportement totalement paradoxal, et qui
paraît inexplicable. On est tenté de répondre
à Sartre que pour se mentir à soi-même il faut
avoir conscience de se mentir, et donc, ce n'est plus se mentir.
Ie : c'est tout simplement une attitude impossible.
Le seul moyen de rendre compte de
ce genre d'attitude consiste, soit à déclarer malades
les personnes qui se mentent à elles-mêmes; soit à
recourir au concept d'incosncient! De nouveau, cela reviendrait
à montrer le bien-fondé de la théorie de l'inconscient.
On peut d'ailleurs s'autoriser un
parallèle de cette situation avec le cas de la jeune Elisabeth
qui souffre de symptômes dus au fait qu'elle refoule son désir
d'épouser le mari de sa sur.
Nous avons vu que ce comportement
était, dans le cadre de la théorie freudienne, tout
à fait compréhensible. Si on fait appel au double
(ou au triple ?) aspect de la personnalité (surmoi-moi-inconscient),
à la notion de censure et de refoulement des désirs
à connotation sexuelle ou qui se heurtent aux interdits du
surmoi, alors, tout devient explicable. Il faudrait dire alors que
ce qui explique que notre jeune fille à son premier rendez-vous
"ignore" l'aspect charnel de la situation, c'est que son
désir sexuel se heurte à la sévérité
de sa conscience morale, si bien qu'elle le rejette dans son inconscient.
Mais tout ceci se passe, bien entendu, sans qu'elle en soit consciente
2)
Pour Sartre, la notion d'inconscient n'est pas recevable et pose
plus de difficultés qu'elle n'en résout; il vaut
donc mieux recourir à la mauvaise foi
Pourquoi Sartre refuse-t-il alors
le recours à l'inconscient pour expliquer le comportement
de la jeune fille?
C'est que la notion de censure, essentielle
à la théorie de l'inconscient, lui paraît être
un phénomène conscient. En effet, pour censurer quelque
chose, il faut bien connaître cette chose et donc avoir conscience
de la censurer! Par là, évidemment, c'est la notion
d'inconscient elle même qui, selon Sartre, est contradictoire.
Il n'est pas plus simple, contrairement
à ce qu'on pouvait penser au premier abord, de recourir à
la notion d'inconscient pour rendre compte des conflits psychiques.
Au contraire, c'est bien plus simple de s'en passer, et de remplacer
la censure par la mauvaise foi. Alors que la notion de censure opère
une scission à l'intérieur du psychisme humain, la
notion de mauvaise foi sauvegarde son unité.
La mauvaise foi n'est nullement une
instance séparée de la conscience, mais un "écran"
posé par la conscience elle-même devant des désirs
refoulés et refusés.
Voici comment Sartre va pouvoir rendre
cette attitude explicable :
b1) en rattachant
ce genre d'attitude à la condition humaine elle-même
: ce qui rend possible la mauvaise foi, c'est la dualité
humaine.
En effet, nous avons vu, dans
l'introduction, que l'homme se caractérise par sa conscience,
par sa liberté, et par sa double réalité.
La caractéristique principale
de l'homme est donc de n'avoir précisément aucune
forme ou contenu déterminés : l'homme, avons-nous
dit, n'est rien en soi, mais il est à tout moment possibilité
de dépasser ses déterminations, d'échapper
à toute définition. Il existe donc hors de soi,
il est toujours autre que ce qu'il est. Ainsi Sartre dit-il que
la conscience est ce qu'elle n'est pas (car elle est projet),
et n'est pas ce qu'elle est (son passé).
Mais rappelons aussi que l'homme est
encore facticité : la facticité, c'est tout ce que
je ne choisis pas, par exemple, mon corps, ma situation historique
et géographique, la présence d'autrui, qui me fige
dans mes possibilités, pour qui je suis comme une chose
La mauvaise foi va être la manifestation
principale de cette dualité; on peut dire aussi que la mauvaise
foi est ce qui caractérise la condition humaine. L'homme
de mauvaise foi fuit ce qu'il est pour se poser autre, afin d'échapper
à l'angoisse ressentie devant la difficulté de la
prise en charge de notre liberté et à l'omniprésence
des autres libertés. C'est possible car en un sens, il est
tout à fait vrai que nous sommes toujours autres que ce que
nous "sommes". Cet être auquel je veux donc échapper
et que je suis pour autrui, ou encore, qu'autrui me fait être,
je le suis, et en même temps, je ne le suis pas.
Ainsi peut-on expliquer maintenant
le comportement de notre jeune fille à son premier rendez-vous
de la façon suivante : elle utilise avec brio la double propriété
de l'être humain, qui est à la fois facticité
et transcendance. Elle affirme tour à tour que la facticité
est transcendance et que la transcendance est facticité (ou
qu'elle est ce qu'elle n'est pas et qu'elle n'est pas ce qu'elle
est). Ainsi, livrée au désir de son partenaire, elle
se croit libre alors que c'est autrui qui l'est; et elle veut ignorer
qu'elle est libre et doit choisir (elle s'angoisse alors devant
sa liberté).
Si, certes, ces contenus ne vont
pas être vraiment présents à la conscience
claire, ils ne sont pas pour autant hors de la conscience
3)
La mauvaise foi contre la psychanalyse : le déterminisme
psychique comme fuite devant langoisse.
Finalement, Sartre va aller jusqu'à
montrer que croire à l'hypothèse de l'inconscient,
est une attitude de mauvaise foi. Freud serait donc lui-même
de mauvaise foi. Pour montrer cela, Sartre insiste sur l'aspect
déterministe de toute explication par l'inconscient. Or,
selon Sartre, recourir à l'explication déterministe
n'est autre chose que de fuir devant l'angoisse qu'éprouve
le sujet à être un sujet libre, "déterminé"
seulement par lui-même.
| Sartre, L'existentialisme
est un humanisme, Ed. Nagel, p.80 :
"Si nous avons défini la situation
de l'homme comme un choix libre, sans excuses et sans secours,
tout homme qui se réfugie derrière l'excuse
de ses passions, tout homme qui invente un déterminisme
est un homme de mauvaise foi". |
Tout déterministe est une excuse,
et les excuses déterministes servent à se cacher notre
liberté totale; dès lors, les hommes qui recourent
à ce genre d'excuses sont des lâches. Freud, qui fait
de l'inconscient le maître de nos choix et de nos conduites,
est donc un lâche, qui ne fait rien d'autre que de chercher
des excuses à nos actes. Il nous déresponsabilise.
Ainsi, il est faux de dire qu'on n'y
peut rien, que nous sommes de toute éternité déterminés,
que ce soit par l'inconscient social ou individuel.
Conclusion
A
Sartre reproche donc à Freud
deux choses :
(1) davoir voulu supprimer la
mauvaise foi en brisant lunité du psychisme.
Pour Sartre, le processus de refoulement
se fait consciemment, et cest un processus de mauvaise foi.
En effet, la censure est consciente de la tendance à refouler
(sinon, comment saurait-elle ce quil lui faut refouler?) mais
précisément pour ne plus en être consciente.
La censure nest donc pas une force aveugle. La conscience
enveloppe, même si cest de façon obscure, une
compréhension du but à atteindre qui est simultanément
désiré et défendu, voire refoulé.
(2) davoir développé
un déterminisme psychique, ce qui détruit la liberté
humaine.
Nous avons vu en effet que lidée
majeure de la psychanalyse, cest quil y aurait un inconscient
actif, qui conditionnerait, à linsu du sujet, ses comportements.
Ainsi, le sujet agirait en fonction de tendances qui le meuvent
inconsciemment. Le sujet se trouve déresponsabilisé.
Or, pour Sartre, ces tendances se réalisent avec mon concours
: ie, je leur prête une efficience, par une perpétuelle
décision sur leur valeur.
Cest donc à laspect
humiliant, et non libérateur, de la psychanalyse, que soppose
donc Sartre.
Or, Freud pourrait rétorquer
que sa tâche ultime est justement de chercher à libérer
l'homme des déterminismes qui le gouvernent à son
insu en lui faisant connaître (par la talking-cure) ce qui
le détermine. Ou encore, et ce genre de défense est
plus décisif, il pourrait rétorquer, comme d'ailleurs
ill'a fait maintes fois, que Sartre naccepte pas sa nouvelle
image de lhomme, et que son attitude de refus est même
une preuve de lexistence de linconscient. En effet,
le psychanalyste peut toujours déceler dans cette volonté
critique un refoulement (inconscient) de la psychanalyse.
Mais alors, on peut se demander si,
avec cette hypothèse de linconscient, la psychanalyse
naurait pas un moyen de répondre à toutes les
objections. Ne serait-elle pas dès lors irréfutable?
Cest précisément ce genre de questions que sest
posé Popper dans le cadre dune recherche des critères
de démarcation entre les théories scientifiques et
non scientifiques.
B- LA CRITIQUE DE LA SCIENTIFICITE (POPPER)
Qui est Popper? Cest un philosophe
britannique dorigine autrichienne; né à Vienne
en 1902 et mort à Londres en 1994. Principalement un épistémologue,
ie, il sinterroge sur les fondements des sciences, sur la
nature de la connaissance, sur ce que nous pouvons connaître,
etc.
Dans Conjectures et réfutations
(1953), se trouve sa critique, maintenant célèbre,
de la psychanalyse. Dans cet article, il sinterroge sur les
différences entre diverses théories (les sciences
de la nature, la psychanalyse, le marxisme, lastrologie, etc.).
Par là, il voulait voir si elles étaient toutes scientifiques,
et essayer de voir ce qui fait la scientificité dune
théorie. Sa question est celle de savoir quand on doit conférer
à une théorie un statut scientifique.
Nous avons vu que Freud affirme explicitement
que la psychanalyse est une théorie scientifique. Il insiste
souvent en disant que de nombreuses "observations cliniques"
appuient l'hypothèse de l'inconscient. Présupposé
de Freud : une hypothèse ou une théorie est scientifique
si elle est confirmée par une multitude d'observations.
Pour vérifier ce statut scientifique
de la psychanalyse, Popper va d'abord étudier une théorie
scientifique, celle d'Einstein, puis, il va la comparer à
la psychanalyse. La question directrice est celle de savoir si une
théorie est d'autant plus scientifique qu'elle est confirmée
par des observations allant en son sens.
Prenons pour exemple la théorie
einsteinienne de la gravitation. Cette théorie scientifique
affirme l'existence d'un champ de gravitation autour des planètes,
qui fait que la lumière est déviée.
Cette théorie se caractérise
par le fait qu'elle a des implications empiriques, ie, vérifiables/observables.
Ainsi, si elle dit vrai, alors, on doit pouvoir observer que les
étoiles voisines du soleil s'éloignent de cet astre,
à cause de la courbure induite par le champ magnétique.
Lors d'une éclipse de soleil,
on est parvenu à vérifier/observer cette conséquence
observable de la théorie einsteinienne.
Qu'est-ce qui fait donc que cette
théorie est scientifique, et qu'une théorie en général
est scientifique? Est-ce bien, comme le croit Freud, le fait qu'il
y a des observations allant dans son sens? Est-ce bien la multitude
des confirmations empiriques de celle-ci? Si c'était le cas,
alors, la recherche scientifique consisterait à chercher
à confirmer le plus qu'il est possible sa théorie.
C'est d'ailleurs bien, nous y reviendrons plus loin, ce que fait
Freud.
Or, pour Popper, ce qui fait la scientificité
d'une hypothèse ou d'une théorie, c'est au contraire
le risque pris à l'infirmer (car confirmer est toujours possible).
Le critère de la scientificité d'une théorie
réside donc dans la possibilité de l'invalider, de
la réfuter, ou de la tester.
La science fonctionne suivant le modèle
suivant (c'est le modus tollens):
(1) si H implique E et que non E,
alors, non H
Par contre, le modèle suivant
(modus ponens) est non valide :
(2) si H implique E et que E alors
H; si on a E alors H n'acquiert pas pour autant une certitude absolue
Or, on reconnaît là le
critère freudien de la scientificité d'une théorie,
et en l'occurrence, de l'inconscient. Popper va donc pouvoir s'attaquer
à la scientificité de la psychanalyse.
2)
La non scientificité de la psychanalyse
D'abord, Popper constate que le critère
majeur de la scientificité d'une théorie, celui de
l'infirmation possible, n'est pas applicable à la psychanalyse.
a1) En effet,
comment avoir accès à l'inconscient?
On ne peut par définition
y accéder, si ce n'est le psychanalyste lors de la cure.
Si l'inconscient était accessible, ce serait alors quelque
chose de conscient, ou bien, il ne serait pas irréductible
à la conscience
Pire encore, Popper montre que
la psychanalyse fait tout pour ne pas être infirmée
(ie, c'est tout le contraire d'une attitude scientifique!).
En effet, chaque fois que quelqu'un
critique le concept d'inconscient, ilse voit aussitôt classé
parmi les "rationalistes" dont les présupposés
philosophiques s'opposent à un concept nouveau (tout comme
ils ont pu s'opposer dans le passé à l'idée
de vide ou de force à distance).
Exemple : si on critique le pansexualisme
de Freud, cette critique se voit attribuée à un refoulement
des tendances sexuelles (inhibition venue du surmoi, culpabilisation,
etc.), bref, à un refus d'accepter la thèse critiquée.
Autrement dit, elle n'est autre qu'une confirmation de la théorie
de Freud!
Si donc on critique quelque aspect
que ce soit de la théorie de l'inconscient, on se voit opposer
l'argument imparable des résistances inconscientes. Les critiques
scientifiques elles-mêmes (comme l'est celle de Popper
)
sont donc l'expression de quelque chose de refoulé, ie, le
refus de voir détruite une image de l'homme conscient, libre,
etc.
La psychanalyse fonctionne donc à
l'instar d'un processus immunitaire, interdisant à toute
objection extérieure de pénétrer dans le système.
La psychanalyse est donc irréfutable/inflasifiable
: rien ne pourra jamais l'infirmer, la contredire; alors que selon
Freud le fait que tout puisse être subsumé sous cette
théorie est le signe de l'hyper-scientificité de la
psychanalyse, il est selon Popper le signe de sa non-scientificité.
Ce qui pour Freud est une force est donc pour Popper le point faible
de la psychanalyse.
On ne peut donc par définition
réfuter l'hypothèse de l'inconscient. En effet, si
on étudie de plus près cette théorie, on ne
peut qu'être choqué par le fait qu'elle est une sorte
de grille universelle qu'on peut étendre à tous les
domaines humains, et à travers laquelle tous les comportements
vont pouvoir être interprétés et recevoir un
sens (tout cela, a priori, sans attendre le verdict de l'expérience!).
Exemple : la psychanalyse s'applique
aux uvres d'art, à la religion (cf. L'avenir d'une
illusion), aux problèmes politiques et sociaux (cf. Totem
et tabou, Malaise dans la civilisation). Voulant tout
expliquer, la psychanalyse finit par devenir une sorte de grand
fourre-tout servant à expliquer n'importe quoi. Elle s'applique
à tellement de choses qu'elle les absorbe en elle plus qu'elle
ne les explique
La concurrence d'autres théories
comme par exemple le marxisme ou la psychanalyse d'Adler, qui interprète
tous les comportements en termes de complexe d'infériorité,
montre les limites de ce genre de théories : elles s'appliquent
à tout, et en même temps elles s'excluent.
Exemple :
(1) selon Freud, la source de tous
nos comportements se situe dans une instance intérieure,
l'inconscient
(2) selon Marx, la source de tous
nos comportements se situe dans une infrastructre sociale
Or, si (1) alors non (2), et réciproquement.
(1') chacun de nous est selon Freud
amené à vivre selon un même schéma de
développement (phases de la sexualité, complexe d'dipe,
structure familiale, etc.)
( 2') il y a
selon Marx modification historique de l'humanité (donc, de
la famille, de la sexualité;
De nouveau, on voit que (1') et (2')
s'excluent mutuellement; car s'il y a développement historique
des structures comme la famille, alors, on ne voit pas comment le
même schéma pourrait subsister.
La critique poperienne a le mérite
de s'attaquer au noyau de la psychanalyse. Mais de nombreux aspects
plus particuliers de celle-ci peuvent encore être attaqués
par la science :
c1) Contrairement
aux théories scientifiques, qui doivent être
complètement indépendantes de leur créateur,
la théorie de l'inconscient est étroitement
liée à la vie privée de son inventeur.
Ainsi, de nombreux biographes
ont montré que Freud était secrètement
amoureux de sa mère, beaucoup plus jeune que son mari.
Ou encore, que sa famille accordait une grande importance aux
garçons, etc.
Sa théorie est datée
historiquement et culturellement; elle a été en
quelque sorte "à la mode"; or, une théorie
scientifique est universelle et vaut dans tous les temps et
dans tous les lieux. Cf. importance de la sexualité et
de sa répression au 19e; les structures familiales
ne sont pas les mêmes selon les peuples et les époques,
etc.
Bref : tout s'oppose au texte
de Métapsychologie dans lequel Freud estime nécessaire
l'hypothèse de l'inconscient, et affirme qu'elle mène
à une thérapeutique efficace.
Conclusion
B
Popper peut alors retourner contre
la psychanalyse sa réponse classique à ceux qui critiquent
la théorie de linconscient. Freud répondrait
en effet à Popper, comme à Sartre, que sil critique
la psychanalyse, cest quil est victime dun refoulement,
quil refuse de savoir des choses sur lui-même qui lhumilieraient.
Popper lui répond que cette objection est justement la meilleure
preuve ou confirmation qui soit pour appuyer son critère
de démarcation entre sciences et pseudo-sciences : il va
en effet dire que la psychanalyse se montre ici sous son jour dirréfutabilité,
puisque linconscient est quelque chose dirréfutable.
Bref : la réponse freudienne ne fait que confirmer que la
psychanalyse, tout comme lastrologie, nest quune
pseudo-science.
III- COMMENT (OU PEUT-ON) SAUVER FREUD? - Grünbaum, La psychanalyse à lépreuve.
Pour autant, cela ne signifie pas
que la psychanalyse est négligeable, ou vide de sens, bref,
absurde, contrairement à ce quon a pu penser après
la critique poppérienne. Mais on peut dire quelle est
de lordre de linterprétation (herméneutique)
des comportements humains, et non de lordre dune science,
contrairement à ce que Freud a prétendu.
C'est ce que montre A. Grünbaum
dans son ouvrage intitulé La psychanalyse à l'épreuve.
Qu'est-ce que l'herméneutique?
Originairement, ce terme s'appliquait
à l'exégèse des textes, surtout à l'Ecriture
sainte. Puis, ce terme s'est progressivement appliqué aux
sciences humaines, pour finir par désigner "l'art de
comprendre les manifestations de la vie". Par là, les
sciences humaines revendiquent une méthode propre, qui s'oppose
aux sciences de la nature. Alors que ces dernières ont avant
tout à voir avec l'explication par les causes, de quelque
chose d'extérieur à nous et valant pour tous les temps
et tous les lieux, la méthode herméneutique fait appel
au sentiment, du fait que ce qui est ici en question, c'est une
connaissance de l'humain.
| Cf. surtout Dilthey, 1833-1911,
Le monde de l'esprit :
"Nous expliquons la nature, nous comprenons
la vie psychique".
Par là, Dilthey veut dire que si on
utilise dans le monde humain des procédés
tout aussi logiques et rationnels que dans le monde naturel,
il faut nécessairement avoir recours, dans ce domaine,
à la sympathie, car ce qu'il s'agit de comprendre,
c'est un autre homme, pas une chose. Ainsi parle-t-il de
méthode poétique, qui, tout en étant
d'une scientificité incertaine, reste scientifique
malgré tout
|
Linterprétation hérméneutique
de la psychanalyse a donc aujourdhui remplacé la critique
scientifique. Elle se veut une interprétation non scientifique
de la psychanalyse, mais :
1)
L'herméneutique soppose ouvertement à la thèse
poppérienne selon laquelle la psychanalyse nest pas
testable.
Pourquoi? Parce que :
a) les défauts intellectuels
de la psychanalyse sont trop subtils pour pouvoir être détectés
par le critère poppérien de démarcation par
la réfutabilité
b) et surtout, on a reconnu, après
Popper (cf. Duhem, in cours
théorie et expérience), que la théorie
newtonienne nest pas plus ouverte à la réfutation
que ne lest la théorie freudienne de la psychanalyse.
2)
Elle reconnaît que Freud a réellement découvert
des phénomènes et connexions qui nétaient
pas connus auparavant.
Cf. Mérites de sa découverte
:
-a pris au sérieux les fous
(alors quà son époque, les médecins considéraient
les hystériques comme des transgresseurs de lois, et étaient
mal traités)
-découvert tout un symbolisme
qui permet dinterpréter ce qui jusqualors était
absurde ou délaissé car réputé ne pouvant
rien apporter à la connaissance de lhomme.
Freud aurait ainsi ouvert un nouveau
champ dinvestigations, non pas en découvrant, au sens
strict, un continent inconnu, mais une façon de voir qui
a enrichi notre compréhension.
3)
Le problème, cest que la psychanalyse sest
explicitement voulue explication scientifique .
Freud croit bien parler de causes,
puisquil croit au rôle causal des processus inconscients.
Ainsi, dans la théorie du refoulement, ce qui importe, cest
que les répressions sexuelles sont des agents pathogènes
cruciaux des désordres mentaux, que les faits infantiles
refoulés sont à lorigine des rêves, et
que les divers types de pensées refoulées, déplaisantes,
produisent les divers actes manqués. Tout acte manqué
doit nécessairement avoir été produit par un
motif refoulé
Freud dit pouvoir expliquer (non interpréter)
comment un lapsus a été produit, par la méthode
de lassociation libre. Un refoulement R présent avant
que soit commis un acte manqué par une personne X doit être
considéré comme sa cause si R réapparaît
dans la conscience de X au cours dassociations libres suscitées
par sa prise de conscience du contenu de son erreur. Le but de sa
thérapeutique reposait sur ce postulat, puisque la cure psychanalytique
était censée agir sur la cause en agissant sur le
symptôme. Freud dit pouvoir expliquer (et non comprendre ou
interpréter) comment un lapsus a été produit,
par la méthode de lassociation libre. Et si un patient
est guéri, cela confirmerait les interprétations étiologiques
que lui a données son médecin, au moins dans les dernières
phases de lanalyse.
Par là, la psychanalyse sest
bien rendue victime dune confusion qui en affecte les ambitions
et qui, surtout, la prive du bénéfice du doute dont
il serait possible de la créditer. En effet, ces connexions,
en étant rabattues sur le schéma dune explication
causale, perdent le pouvoir descriptif qui leur était lié.
Grünbaum soutient quil
ny a en fait rien à expliquer mais quil sagit
de comprendre, ie, de faire voir des connexions, qui ne renvoient
nullement à des causes, ni même sans doute à
une prétendue entité mystérieuse.
Il insiste ainsi sur le fait que le
refoulement nest quune condition nécessaire,
mais pas suffisante, de la genèse des névroses. Alors
que pour Freud, un acte originaire de refoulement était considéré
comme la cause sine qua non de lapparition de la névrose.
Maintenant, on dit quil y a bien un lien, une connexion, mais
que ce lien est très lâche, non exhaustif. Cest
une "relation de sens", pas un lien causal. On dit que,
bien que les associations libres faites par le patient nindiquent
pas la cause du lapsus, elles sont toutefois très révélatrices
de la structure psychologique de la personne qui les forme. Feud
a confondu les relations de sens avec les relations causales, ou,
comme le dit Grünbaum, il a accordé trop dimportance
explicative aux relations de sens. Il a souvent tiré des
inférences causales fallacieuses de simples liens de signification.
Là où freud établit un lien causal entre le
trauma originel et son symptôme ultérieur, Grünbaum
dit quil y a entre eux une parenté ou affinité
thématique. Cest tout.
Freud affirme que le refoulement de
lépisode ancien de punition pendant lenfance
a été le facteur causal crucial de la pathogenèse
des craintes obsessionnelles ultérieures du patient. Freud
dit que les obsessions des rats sont la défense névrotique
du patient contre ses propres souhaits punitifs inacceptables à
lencontre de son père. Il existerait un lien causal
entre lexpérience de la punition denfance et
la haine du père.
Objection ou rectification de Grünbaum
: Freud infère ici la cause supposée de lobsession
du rat par lintermédiaire dune parenté
thématique entre la culpabilité de la morsure malicieuse,
et de lintolérable comportement du rat en train de
ronger. La relation thématique invoquée par Freud
dans le cas de lhomme aux rats ne prouve donc pas le rôle
étiologique de la punition paternelle dans la pathogenèse
des obsessions du rat .
Il donne un autre cas typique dinférence
litigieuse faite par Freud : celui de laffinité aversive
entre lincapacité de boire de leau dAnna
O et le dégoût traumatique ressenti en silence à
la vue du chien de son ami en train de boire... (Pour Freud, lexpérience
de la vue du chien ayant une affinité aversive avec le vomissement
hystérique, cela nous indique que cest la cause du
vomissement)
Conclusion
Concluons avec Grünbaum que si
l'hypothèse de l'inconscient est utile et nécessaire
pour rendre compte du somportement humain (complexe), il ne faut
pas non plus tomber dans le piège auquel n'a pas su échapper
Freud, à savoir, confondre les "relations thématiques"
avec des relations causales véritables. C'est tout le problème
de la confusion entre le sens et la vérité.
Bibliographie
Freud, Introduction à
la psychanalyse; Etudes sur l'hystérie; Métapsychologie
Grünbaum, La psychanalyse
à l'épreuve, Ed. de l'Eclat
Leibniz, Nouveaux
Essais, Préface
Popper, Conjectures
et Réfutations
Sartre,
L'existentialisme est un humanisme; L'Etre et le
néant
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