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Commençons par analyser la première solution, puisque dans le dualisme, ce qui finalement cause le plus de problème, c’est bien cette entité énigmatique qu’est l’esprit.
Définition : tout est matière. L’esprit est soit une illusion, soit un certain degré de matière, soit de la matière « tout court ». • le matérialisme de l’Antiquité (Démocrite, Epicure, Lucrèce) : l’esprit est l’effet ou le résultat de processus atomiques Tout ce qui existe est composé d’atomes. L’esprit n’est qu’une organisation physique parmi d’autres. L’esprit existe bien , mais il n’est qu’une forme subtile de la matière. Il existe en effet des atomes plus « fins » que d’autres.
Les conditions matérielles de la société déterminent notre mode de pensée, mais aussi tout ce qu’on attribue à l’esprit en général (la morale, politique, le droit, la religion, l’art, la philosophie). Conditions matérielles = forces économiques et sociales. Exemple : dans l’Antiquité, la connaissance était considérée comme théorique : on ne s’occupait pas de ses applications pratiques. Ce mode de pensée est lié à l’organisation de la vie quotidienne sur le plan économique. Seuls les esclaves travaillaient, donc, l’efficacité était dévaluée, au profit de la pensée pure.
Cependant, on parle de matérialisme « dialectique » : cela signifie que la superstructure, même si elle ne peut avoir de vie autonome, peut à son tour influencer l’infrastructure.
Aujourd'hui, on refuse le mental pour les mêmes raisons que celles qui avaient mené Leibniz à refuser l'interaction causale : c’est-à-dire, parce que le mental constitue une anomalie dans le monde physique. Ainsi, on a plutôt tendance à réduire le mental au physico-chimique, aux neurones (cf. Changeux, L'homme neuronal, 1983) : il n’y a pas d'"esprit", mais que des neurones. Ou encore : l’esprit est identique au cerveau. Il s'agit d'un "matérialisme éliminativiste" : les phénomènes mentaux ne sont rien d'autre que des phénomènes physiques; les termes mentaux ordinaires ne désignent rien de réel, et ne sont qu'un mythe que nous projetons sur les structures de notre comportement. Par là, on est censé se débarrasser définitivement du dualisme interactionniste, c’est-à-dire, de l’idée d'une substance mentale qui aurait des effets physiques. La meilleure preuve, pour eux, de cette thèse, c’est la répercussion de traumatismes crâniens sur la pensée (par exemple une amnésie). Difficultés du matérialisme : • comment
l’esprit peut-il venir de la matière ? qu’est-ce qui
dans la matière peut aboutir à la création de l’esprit
? la matière peut-elle penser ? Si la position matérialiste pose problème, qu’en est-il alors de la position spiritualiste ?
Définition : la matière n’existe pas, seul l’esprit existe. Plusieurs formes : la matière est un degré infime d’esprit, la matière est une illusion, etc. • exemple de position spiritualiste : l’idéalisme de Berkeley (philosophe irlandais, 1658-1753) Définition de l’idéalisme : tout ce qui existe, est soit un esprit soit une idée/ perception de cet esprit. Tout, y compris le monde extérieur, est réductible à cela. Ainsi, toutes les choses perçues sont des perceptions, il n’y a rien qui se cache derrière. L’idéalisme de Berkeley est donc aussi un immatérialisme (la matière n’existe pas, seul l’esprit existe). Mais ne nous y trompons pas, ce que le sens commun appelle « monde extérieur » existe bien !
Plan du texte : I- la cerise
est une collection de qualités sensibles, c’est tout ; explication
de la distinction sensation et perception, ou, qu’est-ce qui fait
que nous percevons une cerise et pas un amas de sensations ? (pas besoin
de recourir à la substance matérielle !) Ce texte est donc à la fois une critique du morceau de cire et du malin génie de Descartes… • La
« matière » n’existe pas ; « preuve »
: analyse de la perception d’une cerise - Comment le montre-t-il ? En disant que si on enlève les propriétés sensibles de la cerise (qui sont des sensations), alors, il ne reste… plus rien ! On enlève la cerise ! Par conséquent : la cerise n’est nullement un être distinct des sensations. Croire en l’existence de la matière cartésienne, ce serait croire qu’il existe deux cerises, une cerise sensible, et une cerise intangible, imperceptible… Ce qui nous intéresse particulièrement dans ce texte c’est de voir comment selon Berkeley il ne peut exister que des esprits etleurs perceptions… Difficultés du spiritualisme : • ressemble
trop à la religion qui n’est pas prouvable (cf. Dieu)
L’esprit ne saurait être ou agir sans le corps… mais pourtant ne saurait entièrement se réduire au corporel, sinon, on pourrait le connaître scientifiquement, et on pourrait se passer du vocabulaire psychologique ! Disons que le corps est la condition de l’esprit, mais n’en saurait être la cause (et donc, que l’esprit, s’il doit avoir une assise corporelle, n’y est pas réductible). Il faut donc distinguer soigneusement cause et condition.
(1) le piano
produit de la musique. Dira-t-on
alors que le piano est la cause et la musique l’effet ? Le piano
est un moyen, ce sans quoi quelque chose (la musique) ne peut être
réalisé. La cause c’est ce qui produit l’existence
et qui rend raison. La cause de la musique (par exemple du 21ème
concerto de Mozart) c’est sa pensée, son génie. (2) Nous
pouvons aussi introduire une référence philosophique : dans
le Phédon Platon met en scène Socrate expliquant
à ses interlocuteurs pourquoi il est en prison, ou plus précisément
pourquoi il refuse, alors qu’il en a la possibilité et qu’il
est innocent des crimes pour lesquels il a été condamné
(introduire de nouveaux dieux dans la Cité, ne pas reconnaître
les divinités « existantes », corrompre la jeunesse),
de s’en évader :
La cause
réelle de son action c’est l’idée du meilleur
et non son corps, « simple » condition. Ainsi le cerveau est condition de la pensée, mais non sa cause… Et nous ne savons toujours pas vraiment ce que peut être l’esprit !
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